Territoires Rennes

Une métropole en chantier

Devenue métropole le 1er janvier dernier, Rennes investit quelque deux milliards d’euros dans des projets structurants qui verront le jour entre 2017 et 2020.
Un véritable pari sur l’avenir.

Cap Mail, l’élégante tour-sculpture en verre de 11 étages conçue par Jean Nouvel pour le promoteur Giboire vient d’être livrée sur les bords de la Vilaine. « Ce devait être le premier immeuble de la ZAC et ça sera le dernier », souligne Alexandre Chemetoff, l’urbaniste des deux ZAC des bords du fleuve. Le projet est en effet resté dans les cartons pendant près de vingt ans avant d’être relancé en 2009. « Cela illustre bien la persévérance d’un aménageur comme Territoires », note l’urbaniste. Car l’une des forces de Rennes est d’avoir su mettre en place une maîtrise d’ouvrage publique forte. Unique en France, elle est concentrée au sein du GIE Territoires, qui regroupe la SEM historique, une filiale de portage immobilier et deux sociétés publiques locales d’aménagement (SPLA), dont la dernière, créée en 2013, est dédiée au futur quartier ViaSilva. « Ces outils permettent de répondre aux différents besoins des collectivités », explique Jean Badaroux, directeur général du GIE.

Des majors régionales fortes.

Cette planification urbaine rigoureuse – Rennes compte une petite centaine de ZAC – a permis l’émergence d’un tissu de promoteurs locaux. Giboire, Arc Promotion, Lamotte, Launay et Blot… ils ont su collaborer avec la collectivité pour fabriquer la ville et rayonnent aujourd’hui dans tout le grand Ouest. Quant au BTP rennais, il présente des caractéristiques similaires avec un club de majors régionales puissantes – Legendre, Cardinal Edifice, Angevin, CNR – qui tiennent les majors nationales à l’écart. Leurs grues s’élèvent de Nantes à Brest en passant par la région parisienne, voire la Côte d’Azur pour Cardinal qui vient de terminer un centre commercial géant (70 millions d’euros pour le gros œuvre), à Cagnes-sur-Mer. Outre un fort esprit entrepreneurial, ce tissu économique local trouve son origine dans un soutien politique assumé. « La première ligne de métro a été déterminante car des élus courageux ont donné 2,5 km de tranchée couverte et quatre stations à un groupe de PME locales qui n’avaient aucune référence dans le domaine », se souvient Yves Cardinal, président de Cardinal Edifice.

Aujourd’hui encore, le BTP rennais profite largement de la politique de grands travaux de la métropole symbolisée par la seconde ligne de métro. Ce volontarisme politique a joué sur la place de Rennes parmi les villes les plus attractives de France. Sur des critères comme la qualité de vie ou l’emploi des cadres, elle occupe la tête des classements. En revanche, pour la création d’entreprises, elle se situe en milieu de peloton.
Ville administrative, Rennes doit faire face à l’assèchement des gisements d’emplois de la fonction publique territoriale, hospitalière ou d’Etat. Depuis quelque temps, elle mise sur le numérique. Un investissement salué par le label French Tech, remis en novembre 2014 par l’Etat à neuf territoires. Même si les 21 000 emplois du numérique que compte la métropole dépendent encore largement de grands groupes comme Orange, TDF ou Thomson, 1 100 entreprises sont recensées dans ce secteur. Les élus métropolitains travaillent aussi au rayonnement du territoire avec la réalisation d’un centre des congrès sur un site éminemment prestigieux : le couvent des Jacobins, un ensemble de bâtiments du XIVe siècle. Si Rennes doit faire face à la facture conséquente de ce projet, passée de 75 à 106 millions d’euros, et à la concurrence de Saint-Malo et Saint-Brieuc qui occupent ce marché depuis de nombreuses années, la métropole a des atouts : en 2017, elle sera située à 1 h 30 de Paris, tandis que la cité des congrès ouvrira ses portes en 2018, dans le quartier médiéval, en plein centre-ville, dans un bâtiment déjà plein de promesses.

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Les dates-clés de la métropolisation

1970 : création du « District urbain de l’agglomération rennaise » regroupant 27 communes.
2000 : le District devient une communauté d’agglomération nommée « Rennes Métropole » et composée de 36 communes.
1er janvier 2015 : Rennes Métropole devient une métropole de plein exercice.
2017 : la métropole exercera la compétence « voirie », déléguée aux communes depuis 2015.
2019 – 2020 : élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal.

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Rennes Métropole en quelques chiffres

427 000 habitants L’aire urbaine de Rennes compte 703 000 habitants.
43 communes
8 % de chômeurs au 3e trimestre 2014.

50,1 % des actifs sont des cadres et des professions intermédiaires.

49,6 % de propriétaires
4 300 logements C’est l’objectif de production fixé par le programme local de l’habitat 2015-2023.
47 258 logements sociaux, soit 23 % du parc.
7 e ville étudiante
25 446 entreprises dont 2 160 dans le BTP. Le taux de création est de 14,4 %, en léger recul.
142 000  m 2 de bureaux sont disponibles à un an. La demande placée est de 71 000 m2 en 2014.
829,7  M debudget en 2015
463,88 
M d’investissements en 2015
20,28 % de dette en 2014 (ratio entre l’encours de la dette et les recettes réelles de fonctionnement).

Sources : Rennes Métropole, Pôle Emploi, Audiar, Insee, Fnaim Entreprises et Codespar.

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