Architecture Technique Equipement

Une médiathèque à l’âge de pierre

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Manifestations culturelles

Avec son volume massif recouvert de gneiss, ce bâtiment public de Bourg-la-Reine semble tout droit sorti de l’ère monolithique.

Cinq années et quelque 800 km séparent les médiathèques d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), Prix de l’Equerre d’argent 2010, et de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), ouverte depuis février dernier. Qu’importent le temps et la distance pour l’architecte Pascale Guédot, toujours attentive à l’insertion de ses bâtiments dans l’environnement, et au confort des utilisateurs. La médiathèque François-Villon est située à deux pas de la mairie de Bourg-la-Reine, à l’angle du boulevard Carnot et de la rue Le Bouvier. Avec une surface de 2 000 m², elle est à l’échelle du quartier pavillonnaire alentour. Son volume, volontairement massif, a été taillé en facettes pour adoucir les angles auprès des riverains. La toiture descend en pentes douces vers les bâtiments voisins, et en pentes raides vers le cœur de la parcelle où trône un majestueux noyer centenaire que l’édifice contourne et valorise.

Limite brouillée entre dedans et dehors.

Le toit et les façades sont revêtus d’un matériau de parement unique, la pierre, qui transforme en bloc monolithique un édifice fait en réalité de voiles de béton et d’une charpente en acier. Les minéralogistes auront reconnu le gneiss à grain fin provenant de la carrière de Vals, en Suisse, rendu célèbre en 1996 par l’architecte Peter Zumthor qui s’en servit pour construire un établissement de thermes dans cette commune. A Bourg-la-Reine, Pascale Guédot a mis en œuvre cette pierre grise suivant trois techniques. En façade, elle est appareillée sur une épaisseur de 8 cm, avec des hauteurs d’assises et des longueurs variables. En toiture, plus fine (3 cm), elle est agrafée sur une ossature métallique fixée au bac acier. Pour les parties les plus pentues, entre 15 et 30 degrés d’inclinaison, la pierre reprend une épaisseur de 8 cm. Elle est maçonnée et maintenue à une ossature métallique, elle-même fixée à la charpente. Ce dernier procédé a fait l’objet d’une Appréciation technique d’expérimentation (Atex).

L’utilisation de cette pierre se prolonge dans la médiathèque, brouillant la limite entre dehors et dedans. Au rez-de-chaussée, comme à l’étage, de grandes baies vitrées permettent aux lecteurs de se sentir à l’extérieur tout en étant à l’intérieur. Les fauteuils et les poufs proches des façades côté rue et côté jardin sont très prisés. Pascale Guédot a travaillé chaque niveau en profondeur, proposant de grandes salles de lecture en partie centrale, et de petites salles d’étude dans les recoins. Elle a aussi travaillé en hauteur, créant un étage en mezzanine et une toiture en shed qui augmentent la sensation d’espace et l’apport de lumière.
« La construction de la nouvelle médiathèque a été l’occasion d’en repenser le fonctionnement, indique son directeur, Cyrille Lemaître. Autrefois lieu de stockage d’ouvrages, elle est aujourd’hui devenue espace de convivialité. » Ce n’est plus le livre qui est au centre de toutes les attentions, mais le lecteur. La culture littéraire ou audiovisuelle se consomme sur place ou bien s’emporte grâce à des bornes en libre-service aussi simples d’utilisation qu’une tablette numérique. Une page se tourne…

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bourg-la-Reine. Maîtrise d’œuvre : Pascale Guédot, architecte ; Forr, paysagiste ; Speeg + Michel, concepteurs lumière ; Ateliers 59, signalétique ; Forgue, économiste ; Global, OPC. BET : Batiserf (structure), Alto (fluides et HQE), Ayda (acoustique), CL Infra (VRD). Entreprises : LBC (gros œuvre), ERTCM (charpente), Smac (couverture pierre), FIC (façades vitrées), DBPM (façades pierre), Sam + (serrurerie), Bonnardel (menuiserie bois), DBS (faux plafonds), Trouvé Leclaire (peinture), Giacalone (carrelage), CDI (chape), Balas (CVC, électricité), ATV (VRD), Botanica (plantations), Valbois (sol bois). Surface : 2 000 m² Shon. Coût du bâtiment : 7,2 millions d’euros HT.

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