Autres Maquette numérique

« Une masse critique d’utilisateurs est nécessaire afin de développer le BIM en France »

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Questions à Nicolas Mangon, directeur international de la stratégie et du marketing pour les métiers du BTP chez Autodesk.

A l’occasion de l’édition 2015 des BIM World qui s’est tenue les 25 et 26 mars à Paris, l’américain Autodesk, qui a participé à la rédaction de plusieurs plans internationaux de transition numérique pour le BTP, fait le point sur la situation en France à ce jour.

Comment considérez-vous le développement du BIM ?

Quel que soit le pays, les acteurs du BTP passent par trois phases : qu’est-ce que le BIM, pourquoi l’utiliser, et comment se former à cette nouvelle façon de travailler ? La France est en train d’entrer dans la deuxième phase. Autre constat récurrent, c’est traditionnellement la maîtrise d’œuvre, en particulier les architectes qui passent au BIM les premiers, suivis ensuite par les autres acteurs de l’acte de construire. Nous avons noté une forte accélération de la demande en logiciels en 2014 et le phénomène se poursuit. La France suit ainsi la même trajectoire rapide qu’a connue l’Angleterre à partir de 2011. C’est aujourd’hui l’un des pays les plus avancés dans le domaine. Les autorités britanniques ont d’ailleurs annoncé qu’en 2016, 81 % des acteurs du BTP travailleront en BIM pour les marchés publics.

Quels enseignements peut-on tirer de l’expérience britannique ?

Selon Stephen Kelly, responsable du déploiement du BIM outre-Manche, en 2010 seuls 33 % des projets en marchés publics étaient livrés à l’heure, aujourd’hui 66 % des projets sont livrés dans les temps. Autre élément remarquable, grâce à l’utilisation de la maquette numérique, le temps des études est réduit de 15 %, quelle que soit la taille du projet. Dans certains cas, cela peut même représenter une livraison avancée de six mois. Enfin, dernier chiffre qui parle de lui-même : pour la construction d’un bâtiment de type collège, le budget a diminué de 40 % grâce à l’utilisation de la maquette numérique !

Quel regard portez-vous sur le plan de transition numérique du bâtiment français ?

Nous avons déjà participé à l’élaboration de plusieurs plans de ce type à Singapour, au Royaume-Uni, au Qatar… et maintenant en Allemagne et j’ai rarement vu des plans aussi ambitieux qu’en France. Le plan veut englober toute la filière quelle que soit la taille des entreprises. Or il me semble qu’il faudrait d’abord atteindre une masse critique d’utilisateurs afin de provoquer un phénomène d’entraînement. Typiquement, les majors qui sont en avance sur le sujet travaillent avec des agences d’architectes et des cabinets d’ingénierie. Ces professionnels semblent être les plus à même de passer au BIM dans un délai rapide. Enfin, nous souhaiterions que tous les éditeurs de logiciels soient associés très en amont au plan de transition numérique français, afin d’indiquer les possibilités, mais aussi les limites techniques.

Quelles sont les particularités de la France ?

Le secteur du BTP français est unique dans le sens où il est très fragmenté, avec beaucoup de très petites entreprises. Pour ces professionnels, l’investissement en matériel et en logiciel constitue un obstacle majeur pour passer à la maquette numérique. Chez Autodesk, nous avons donc adapté notre offre commerciale pour qu’il soit possible de louer pour un an, un trimestre ou le temps d’un projet le logiciel Design Building Suite qui permet la conception d’un bâtiment en 3D. De même, afin d’aider les entreprises à se familiariser avec la maquette numérique et la modélisation paramétrique, sans l’aspect collaboratif, nous proposons de louer des versions allégées de nos principaux logiciels.

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