Architecture Technique Equipement

Une lanterne magique dans la ville

Mots clés : Architecture - Enfance et famille - Manifestations culturelles

Le cinéma municipal de Montreuil a trouvé un nouveau refuge où se mélangent magies du 7e art et de l’architecture.

Le Méliès, cinéma municipal de Montreuil (Seine-Saint-Denis) existant depuis les années 1970, a emménagé dans un nouveau bâtiment après des années de batailles politique, judiciaire et administrative (abandon du projet sous le mandat de la maire Dominique Voynet, accusation de caisse noire suivie d’un non-lieu, recours de MK2et UGC). Mythique, ce bastion de la cinéphilie, dont le rayonnement dépassait déjà largement les frontières de la ville, propose désormais six salles de projection et de généreux espaces d’accueil (café-restaurant, salon, espaces de lecture et de jeux pour enfants), à rebours de l’effet «boyau» des multiplexes (billetterie, étals de friandises, salle de projection avec porte de sortie directe sur le trottoir).

Ici, l’architecture rend hommage au public, au 7e art et à Georges Méliès (1861-1938) qui fit bâtir, à quelques encablures de là, le premier studio de tournage de l’histoire du cinéma. Et c’est cette atmosphère de studio qui a été recréée dans cet édifice bâti en deux temps : en premier, un volume vide en polycarbonate – conçu par l’architecte Dietmar Feichtinger – pour qu’y prenne place, une fois la « guerre » du Méliès achevée, un cinéma dont la réalisation sera confiée à son confrère Bernard Ropa à l’issue d’un concours. Au résultat, la cohérence architecturale est au rendez-vous : la nuit tombée, les parois translucides laissent filtrer une lumière feutrée et des ombres mouvantes, faisant du bâtiment une grande lanterne magique en plein centre-ville.

Deux en un.

Pour autant, le contenant et son contenu sont indépendants : structure en acier pour l’enveloppe et charpente en bois pour l’intérieur, avec poutres et poteaux moisés d’aspect quasi rustique qui tranchent avec la légèreté des façades. D’où cette impression de vaste hangar dans lequel flotterait une maison sans façade, comme le décor d’un film. Rien de péjoratif ici, car l’architecture est bien là, jouant avec l’espace comme on fait des tours de passe-passe : hall triple hauteur digne d’un hôtel particulier avec lustre sphérique représentant la lune – en référence au célèbre film de Méliès « Le voyage dans la lune » -, rue intérieure majestueuse (tapis rouge, plafond-miroir, coursives et passerelles en balcon) conduisant aux salles obscures où le public bascule dans le rêve. Montreuilloise d’adoption, la réalisatrice Sólveig Anspach, récemment décédée et très engagée en faveur du Méliès (une des six salles porte son nom), disait que si ses films pouvaient donner au public davantage de force et de joie de vivre, alors une part de l’objectif était atteinte. Pour cela, le Méliès est un lieu sur mesure.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : C. A. Est Ensemble. Ville de Montreuil (intérieur), Sopic (enveloppe). Maîtrise d’œuvre : Dietmar Feichtinger Architectes (enveloppe), Ropa & Associés Architecture (intérieur). BET : Mizrahi (TCE, structure), J.-P. Lamoureux (acousticien), Changement à vue (scénographe), Hans-Walter Müller (concepteur lustre). Principales entreprises : Sylvametal (gros œuvre et autres corps d’état), Eiffage Energie (courants forts, faibles, sécurité). Surface : 4 689 m2 SP. Montant des travaux : 4,57 M€ HT (enveloppe), 9,5 M€ HT (intérieur).

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