Architecture Technique Génie climatique

Une inaccessible chaufferie

Mots clés : Chauffage - froid - Equipements techniques et finitions - Gares, aéroports

Un trio de chaudières à la taille de guêpe a facilité le remplacement du système de chauffage de la gare de Limoges.

La gare de Limoges-Bénédictins peut sans doute concourir au titre de l’établissement ferroviaire le plus spacieux de France. Sous son immense verrière, le voyageur flâneur attendant sa correspondance peut se dégourdir les jambes sans importuner l’employé pressé débarquant de sa banlieue. Si par hasard le promeneur se glissait derrière la porte cachée dans le coin nord-ouest du hall, l’escalier qui mène à la chaufferie lui semblerait bien étroit. Cette exiguïté s’est révélée un véritable problème quand SNCF Gares & Connexions (G & C) a entrepris en 2015 de remplacer les deux chaudières au fioul installées dans le local. Elles chauffaient 4 200 m² de bureaux et d’espaces de vente. Après trente-huit ans de service, l’un des équipements montrait des signes d’usure irrémédiables. « Avant le fioul, la gare employait du gaz. L’arrivée en avait été conservée. Nous avons donc choisi de retourner à cette énergie », explique Michel Abadie, thermicien de SNCF G & C et responsable de la maîtrise d’œuvre du lot chauffage-ventilation-climatisation (CVC).

De trop gros classiques.

Pour seul accès, la chaufferie ne dispose que de l’escalier trop étriqué et d’une trappe d’un mètre de large. Et il n’était pas question de toucher aux murs de ce monument historique. La cuve à fioul a donc dû être tronçonnée afin de pouvoir être évacuée. SNCF G & C a tout d’abord imaginé s’offrir un appareil Varmax du constructeur Atlantic Guillot, mais ces contraintes de dimension vont le contraindre à changer ses plans. « Le modèle Varmax est trop grand pour cette configuration, précise Stéphane Pernin, responsable de prescription du fabricant pour la région sud. Toutefois, nous avions un nouveau produit, la Varblok, conçue pour les chantiers présentant une faible accessibilité. » Cette chaudière à condensation gaz prend la forme d’un petit caisson d’une puissance comprise en 100 et 250 kW. Il occupe au maximum 0,8 m² au sol. Le brûleur peut moduler de 20 à 100 % de sa puissance nominale. Il est possible d’empiler jusqu’à trois modules pour créer un système de plus forte puissance. Chaque unité possède une régulation Navistem B3000 et peut ainsi être contrôlée indépendamment des autres.

Un mois avant tout le monde.

Les modules Varblok, suffisamment compacts, pouvaient passer par la trappe de la chaufferie. En octobre 2015, un mois avant le lancement officiel du produit au salon Interclima + Elec, l’entreprise Lemaire Limoges installait trois modules d’une puissance unitaire de 200 kW. « C’était une avant-première, souligne Christophe Tixier, responsable des prescriptions commerciales d’Atlantic Guillot. Nous pouvons prescrire un équipement en amont de sa commercialisation. Les architectes sont très intéressés par cette technologie. » L’opération a aussi donné l’occasion à SNCF G & C de mettre en conformité le local en créant une gaine pompiers. Celle-ci traverse deux murs pour déboucher à l’extérieur. Des robinets thermostatiques équipent maintenant les 60 radiateurs alimentés par les chaudières. Le budget de l’opération s’élève à 250 000 euros.

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