Architecture Technique Logement

Une « grande maison » riche de 42 studettes

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Deux barrettes d’habitation se partagent une parcelle étirée, en retrait de la rue.

A un jet de pierre de la station de métro Robespierre à Montreuil (Seine-Saint-Denis), la résidence Hayeps est la première des cinq résidences destinées à « desserrer » le foyer Bara pour travailleurs migrants, créé en 1968 pour accueillir 200 personnes à l’origine. Sa population, renouvelée depuis, a triplé au fil des ans, accélérant d’autant le vieillissement du bâtiment. « Au départ travailleurs saisonniers, ces hommes venus d’Afrique de l’Ouest étaient employés dans l’industrie automobile. Dès les années 1970, ils fuient la sécheresse. Aujourd’hui, ils travaillent surtout pour des sociétés de nettoyage et de bâtiment et travaux publics, et le taux de rotation est très faible », explique le responsable d’hébergement Boubou Camara. « Cela fait quinze ans que nous nous préoccupons du foyer Bara », explique de son côté la responsable de programme de Coallia, maître d’ouvrage, Alexandra Cassierou. « Nous avons réalisé un diagnostic social qui nous a permis d’évaluer à 500 le nombre de logements à créer sur Montreuil pour loger dignement les habitants du foyer. La réhabilitation de Bara sera la dernière opération du plan de traitement mis en place. »

Intégration en douceur.

Pour la première résidence, il s’agissait à la fois de s’insérer dans le tissu résidentiel du bas Montreuil, de retrouver l’ambiance communautaire et d’inciter les habitants à vivre dans leur quartier, tout en rassurant le voisinage sur cet habitat rarement bien accueilli a priori. L’architecture permet ici de concilier ces différentes attentes. Conçues dans l’esprit d’une grande maison, les 42 studettes de 14,7 à 23 m2 se répartissent dans deux barrettes, respectivement d’un et de trois étages, implantées dans la profondeur de la parcelle. Entre les deux, une cour-jardin équipée de quelques bancs, des paliers généreux et de larges coursives d’accès aux logements offrent des espaces de convivialité autant qu’un supplément de surface à habiter. Les locaux communs sont limités à une buanderie et à des locaux techniques en sous-sol. Depuis la rue, au sud, une façade de bois et métal dessine les volumes, délimite un hall d’entrée à ciel ouvert et, en retrait, un porche. Son revêtement en lattes de bois percées filtre les bruits de la rue et protège du soleil les circulations qu’il abrite.

Dispositifs lumineux.

Les autres façades arborent un revêtement métallique ondulé à l’exception de quelques panneaux en Inox poli miroir dont la réflexion renforce l’éclairement de la façade opposée, et des panneaux de bois aggloméré qui marquent le rez-de-chaussée. Les dispositifs lumineux favorisent l’éclairage naturel qui, outre le confort qu’ils apportent, répondent à l’économie du projet. Réservés aux personnes les plus âgées, les logements de plain-pied s’ouvrent sur le jardin par de grandes baies vitrées. La construction de la résidence présentait de nombreuses difficultés techniques compte tenu de l’exiguïté de la parcelle et des constructions mitoyennes. Elle semble pourtant s’y être glissée tout simplement.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Coallia Habitat. Propriétaire et gestionnaire : Coallia . AMO environnementale : QCS Services. Maîtrise d’œuvre : Stera Architectures. BET : MTC . Entreprises : Bati-Renov (entreprise générale), SMT (VRD). Surface : 1 220 m2 Shon. Coût : 2,50 M€ HT.

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