Architecture Tunnel

Une galerie sur mesure

Mots clés : Bois - Matériel - Equipement de chantier - Musées - galerie - Ouvrage d'art

En Seine-Saint-Denis, le tracé sinueux d’un collecteur de 390 m de long a nécessité le recours à un coffrage en bois.

Le prolongement de la ligne 11 du métro parisien jusqu’à Rosny-Bois-Perrier nécessite de dévoyer un important maillon du réseau d’assainissement de la Seine-Saint-Denis. « En l’occurrence, un ovoïde de 200 cm de hauteur sur 105 cm de largeur qui interfère avec le futur tracé », explique Nicolas Kolodkine, directeur de projet chez Bessac, mandataire. Ce descriptif succinct masque la complexité du projet, situé à la périphérie du centre commercial de Rosny 2. Il faut en particulier maintenir en activité la pléthore de réseaux existants ainsi que les multiples voies de circulation qui innervent ce pôle urbain. Ce projet nécessite un coffrage en bois, assez rare dans ce domaine.

« Un chantier en quatre dimensions, résume de façon pragmatique Yves Ménard, directeur de l’agence Ile-de-France de Bessac. Il faut en effet cohabiter avec la kyrielle d’entreprises qui interviennent, depuis la surface, pour réaliser les travaux de la future gare, et ce, en jonglant avec des accès qui évoluent fréquemment au cours du temps. » Dans la pratique, il s’agit de réaliser un nouveau collecteur de 390 m de longueur (1,80 m de diamètre fini), qui serpente sous de nombreux bâtiments, à une dizaine de mètres de profondeur. Si la première partie est quasiment rectiligne, il en va tout autrement de la seconde moitié où s’enchaînent quatre courbes particulièrement serrées (entre 45 et 60 m de rayon). Le projet initial prévoyait d’exécuter le premier tronçon au tunnelier, et l’autre partie en traditionnel, « aucune machine conventionnelle n’étant capable d’épouser cette trajectoire complexe », note Nicolas Kolodkine. « Une solution qui nous obligeait à réaliser un puits au cœur d’une des futures emprises techniques de la RATP, avec des problèmes d’accessibilité et d’approvisionnement quasi insolubles », complète Yves Ménard.

Une machine atypique. D’où l’idée de tout creuser au tunnelier, en faisant appel à une machine spéciale, à front ouvert et attaque ponctuelle, capable de réaliser des anneaux quasi sur mesure, en bois et cintres métalliques, et donc de coller au tracé. « Cette méthode peut être mise en œuvre lorsque la géologie s’y prête et en l’absence de nappe phréatique », précise Yves Ménard. Ces conditions étant réunies, le conseil départemental a donc accepté cette variante technique, le démarrage des travaux s’effectuant à partir d’un puits d’attaque (5 x 8 m) de 10 m de profondeur, exécuté en traditionnel et implanté à proximité de l’A86. Ce voisinage constituera le premier obstacle délicat à franchir, la machine devant passer sous deux bretelles d’accès, « avec une couverture de 1,50 m pour la seconde », commente Nicolas Kolodkine. Une hauteur réduite qui nécessitera, en cas d’impossibilité de fermeture de la bretelle, d’intervenir de nuit (pour limiter les surcharges), après mise en place d’un platelage acier et basculement de la circulation sur une file.

Dans la pratique, chacun des anneaux, de 0,90 à 1,10 m de longueur, sert de blindage à l’avancement. Un anneau est constitué d’une coque en bois – une cinquantaine de bastaings découpés aux dimensions requises en surface – et d’un cintre métallique, l’épaisseur et le calepinage ayant été déterminés en fonction des charges. Les déblais sont évacués par un marineur à benne, les cintres métalliques étant expansés à chaque avancée du tunnelier (le diamètre de creusement est légèrement supérieur), au moyen de deux vérins hydrauliques, puis bloqués par l’intermédiaire d’une cale métallique. A l’issue du percement, la galerie sera chemisée par une coque en béton armé de 20 cm d’épaisseur, l’ensemble de la structure bois servant de coffrage perdu. « Nous procéderons en double attaque, en utilisant deux coffrages métalliques intervenant en parallèle à partir de chaque extrémité, en procédant par plots de 15 à 20 m », explique Nicolas Kolodkine. Pour des questions de planning bien entendu, mais surtout pour éviter les difficultés techniques qu’aurait impliquées le pompage sur de trop longues distances.

Maîtrise d’ouvrage : conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Maîtrise d’œuvre : Direction de l’eau et de l’assainissement/ service des grands travaux. Coordonnateur SPS : Degouy.

Bureau de contrôle : Structure et Réhabilitation. Entreprises : Groupement Bessac (mandataire)/Eiffage Génie Civil Réseaux. Démarrage du chantier : novembre 2016. Durée des travaux : douze mois.

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