[TO] Règles techniques Extension-réhabilitation

Une école se construit un campus vertical

Mots clés : Béton - Bois - Efficacité énergétique - Produits et matériaux - Réglementation thermique et énergétique - Risque sismique - Sport

Coiffé par une zone sportive, le bâtiment de Kedge Business School, à Talence (Gironde), mise sur les atouts conjugués du béton, du métal et du bois. Points clés : la conception parasismique et le confort d’été.

Dix-huit mois de chantier : une prouesse compte tenu de l’ampleur du projet (1 000 locaux, 11 amphithéâtres…). « Certains confrères ont du mal avec la conception-réalisation. Mais pour Kedge, avec l’entreprise SEG-Fayat et au sein de la cellule réunissant nos architectes avec ceux de Baldelli Guirao (Air Architectes) et de Ragueneau & Roux, tout a bien fonctionné », se félicite Alain Triaud, architecte. Constitué d’une extension (22 000 m 2 en R + 6), achevée, et d’une réhabilitation (13 000 m 2 ), en cours, l’ensemble accueillera près de 5 000 étudiants. « Pour gagner de la place, nous avons construit une sorte de campus vertical, avec un stade et un gymnase posés en toiture », commente Mathieu Lavoie, d’Air Architectes. Même logique d’optimisation spatiale pour les amphithéâtres suspendus au-dessus du parvis (voir ci-contre). Large de 30 m et long de 150 m, l’ouvrage met en œuvre 13 500 t de béton et 1 400 t d’armatures. « Pour réduire les coûts et parce que la portance des sols le permettait, les fondations, prévues à l’origine avec des pieux, font appel à un radier de 45 à 55 cm d’épaisseur », indique Franck Labourde, de Cetab Ingénierie.

Double système constructif

Classé sur le plan parasismique en catégorie d’importance III et en zone 2 (sismicité faible), le bâtiment suit les règles PS 92 avec les valeurs d’accélération modifiées en 2010. « Il a été dissocié en cinq blocs séparés par des joints de 4 cm pour le déplacement des structures », détaille Franck Labourde. Jusqu’au R + 2 compris, le système constructif est basé sur des voiles béton avec isolation par l’extérieur. Au-delà, ce sont des poteaux-poutres béton avec un remplissage en ossature bois préfabriquée. « La préfabrication a aussi été utilisée pour les cages d’escalier et les planchers en dalles alvéolaires, de 9 à 10 m de portée », ajoute Nicolas Combret, ingénieur travaux chez SEG-Fayat. Soumis à la RT 2005 mais « au niveau de la RT 2012 », précise Jérôme Lopez, de Nobatek, l’ouvrage est en cours de certification Peqa (performance énergétique qualité associée). Chauffé au gaz avec deux chaudières à condensation de 700 kW (associées à des radiateurs et à un plancher chauffant au rez-de-chaussée), le bâtiment vise les cibles « très performant » pour la gestion de l’énergie et « performant » pour le confort hygrothermique. « Vraie problématique à Bordeaux, insiste Jean-Luc Baldelli, le confort d’été est traité par les protections passives avec des vitrages optimisés selon l’orientation. Kedge profite aussi de l’inertie du béton, d’une enveloppe performante, avec une très bonne étanchéité à l’air (1,2 m 3 /m 2 .h), et d’une surventilation nocturne à 1,2 fois le débit nominal. »

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Fiche technique

Maître d’ouvrage : chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux. AMO : BMA. Entreprise générale mandataire : SEG-Fayat. Architectes : Alain Triaud/Luc Arsène-Henry, Nicolas Ragueneau/Antoine Roux, Air Architectes. Paysagiste : Rémi Salles. Bureaux d’études techniques : Cetab Ingénierie (TCE), Nobatek (HQE), ABC Décibel (acoustique). Bureau de contrôle : Socotec. SPS : Coordis. SSI : Aisse Conseils. Shon : 35 000 m 2 . Montant des travaux (TCE) : 36,4 millions d’euros HT.

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Amphithéâtre - Construction mixte béton-métal avec préfabrication

Véritable figure de proue du bâtiment, l’amphi 500, large d’une bonne vingtaine de mètres, est aussi l’un des éléments les plus techniques du projet. « C’est le cas surtout en partie haute, où l’on trouve une énorme poutre (22 m × 1,6 m × 1,5 m) précontrainte par post-tension chargée de reprendre les poteaux de façade des quatre niveaux supérieurs », explique Franck Labourde, responsable du département structures de Cetab Ingénierie. Le plancher bas de l’ouvrage repose quant à lui sur trois poteaux extérieurs inclinés et de section circulaire. Fortement ferraillés, ces derniers supportent chacun une des trois poutres crémaillères lancées depuis la façade de l’édifice et soutenant les gradins de béton préfabriqués. Pour être la plus légère possible, la toiture, perchée à douze mètres de hauteur sur quinze mètres de profondeur environ, a été réalisée à partir de profilés métalliques IPE 600. Sous les bacs, l’espace de conférence a bénéficié d’un traitement acoustique d’autant plus soigné qu’il est situé à proximité d’un axe routier très fréquenté et qu’il dispose de très larges ouïes vitrées conçues de manière à optimiser l’éclairage naturel. Assurée par deux centrales de traitement d’air double flux à variation de vitesse de 15 000 m 3 /h, la ventilation diffuse en été un air rafraîchi par la mise en route d’un groupe froid de 480 kW partagé par les onze amphithéâtres de l’établissement.

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Zone sportive - Bois dans les étages supérieurs

« Kedge fait beaucoup plus appel au bois qu’on ne l’imagine de l’extérieur », fait remarquer Jean-Luc Baldelli, d’Air Architectes. De fait, le seul élément bois visible est le bardage en okoumé du gymnase coiffant le bâtiment. Mais, à l’intérieur, on trouve aussi les traditionnels portiques en bois lamellé-collé et les contreventements en croix de Saint-André. Si l’on ajoute les ossatures bois du bâtiment principal (du R + 3 au R + 6) et les terrasses du R + 3 au bardage et à la charpente du gymnase, on arrive à un total de 171,8 m 3 de bois, soit 15 % de plus que les 7 dm 3 /m 2 Shon désormais obligatoires dans les bâtiments neufs. « On ne demande pas mieux que de construire avec du bois, commente Alain Triaud. D’autant qu’ici, à Bordeaux, nous sommes poussés à faire davantage appel au pin des Landes. Mais ce serait plus facile si la filière locale nous fournissait des produits adaptés, ce qui n’est pas toujours le cas. » Autre élément important en termes de construction durable, l’installation de 95 m 2 de panneaux solaires thermiques en toiture du gymnase. « Ils couvrent plus de 25 % des besoins en eau chaude sanitaire de l’école », précise Jérôme Lopez, de Nobatek.

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