Architecture Technique Equipement

Une école au plus près du terrain

Bien ancrée dans son site, l’école Danielle-Mitterrand participe à la rénovation du quartier des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine.

Le groupe scolaire Danielle-Mitterrand de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), conçu par l’agence d’architecture parisienne DE-SO (François Defrain et Olivier Souquet), comprend vingt classes : sept pour la maternelle, onze pour l’élémentaire et deux mixtes, en fonction des variations du nombre d’élèves par niveau. Il vient décongestionner l’école Eugène-Varlin, bel exemple de bâtiment des années 1930, qui doit être bientôt réhabilitée. Il prend place au sein du quartier des Poètes dont la restructuration a commencé – hélas -par la destruction des deux ensembles de logements sociaux construits dans les années 1980 par Yves & Luc Euvremer et Jeronimo Padron-Lopez… Au terme du chantier, la ZAC formera une transition entre la ville pavillonnaire de Pierrefitte et les barres de Sarcelles.

Situé en contrebas de la RN1, le long du mail Georges-Brassens créé par la paysagiste Florence Mercier, le groupe scolaire étire ses façades sur toute la longueur – 110 m – de sa parcelle, tout en s’adaptant à sa double déclivité. S’adossant progressivement au talus sur lequel se dresse un gymnase récent, il se déploie en plateaux successifs, proposant « une topographie étagée tirant parti des meilleures orientations lumineuses et visuelles », explique François Defrain. La découpe des bâtiments qui s’abaissent progressivement vers le mail, permet d’optimiser l’ensoleillement dans les deux cours.

Briques pleines moulées à la main.

Les architectes ont retenu des matériaux naturels et chaleureux pour le bas, industriels et froids vers le haut. Sur un soubassement en béton, les façades du rez-de-chaussée sont revêtues de briques pleines moulées à la main. Leur ton pierre très clair se veut un clin d’œil aux anciennes carrières de la région, « avec des petits jeux de retraits pour donner de la texture » et la composition d’un motif contemporain à l’aide une brique plus foncée. Au milieu, une bande vitrée aux contours irréguliers est dissimulée par des brise-soleil en mélèze. A l’arrière de la parcelle, les façades métalliques des étages s’inscrivent dans l’esthétique du gymnase voisin. Des coursives en tôle perforée, à l’origine simples caillebotis techniques, protègent de la lumière les salles de classe réparties au premier et au deuxième étages. Les architectes ont eu la bonne idée de les abaisser, afin que leurs garde-corps ne coupent pas la vue aux enfants, et qu’ils servent de brise-soleil au niveau inférieur. Partout dans l’école, ils ont pris soin de travailler les échappées visuelles à l’échelle des élèves.

Sol des circulations en opus incertum.

Au rez-de-chaussée, un auvent protège l’entrée commune. Puis, petits et grands se répartissent de part et d’autre du bureau du gardien. L’accueil, l’administration et la restauration forment un corps central. D’un côté, la salle polyvalente et la cour des élémentaires ; de l’autre, celle de la maternelle et les classes des deux premières années. Un opus incertum anime le sol des circulations : « Nous avons voulu restituer l’émotion des écoles de notre enfance… », explique François Defrain. Reliée à la cour des grands, la cour haute domine le quartier. Une clôture-filtre en bois protège des regards et prend vite des allures de créneaux dans l’imaginaire des enfants.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Pierrefitte-sur-Seine. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Sequano. Maîtrise d’œuvre : DE-SO Architectes. BET : Betom Ingénierie (TCE, économiste), Altia (acoustique), Cap Terre (HQE), Fuga (signalétique). Entreprise générale : Colas. Surface : 3 953 m² Shon. Coût des travaux : 9,3 millions euros HT.

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