Territoires Bordeaux

Une distillerie de whisky s’installe dans un bunker

Deux entrepreneurs audacieux, Yves Medina et Jean‑Philippe Ballanger, ont décidé de s’associer pour créer un whisky à Bordeaux. L’architecte Jean de Giacinto leur a proposé d’investir un bunker pour y faire vieillir le whisky dans des fûts de chêne, au bord des Bassins à flots. Pourquoi s’installer à Bordeaux ? L’un des entrepreneurs, basé à New York, y avait racheté l’entreprise Jock. Son associé, basé à Mérignac, pilote sur place le projet du premier whisky 100 % girondin. Une première dans le monde feutré des spiritueux. Ce produit a également trouvé son nom, Pier 1 de Moon Harbour. « Port de la Lune », c’est le surnom que la ville tire de son passé portuaire.

Ce blended whisky sera donc distillé et vieilli sur place, au bord des Bassins à flots, en face de la Cité du vin. Certainement pas un hasard. Déjà 250 ha de céréales (orge et maïs) ont été plantés dans la région bordelaise, fournissant le malt qui sera distillé dans des alambics conçus par Jean-Louis Stupfler. Enfin, l’un des meilleurs spécialistes du whisky, l’écossais John McDougall assurera la qualité du process.
Particularité unique : la maturation s’effectuera en fûts de chêne de grands crus classés de Sauternes – des barriques de 225 litres. L’opération doit donner au produit sa coloration et sa saveur particulière et inédite.

Un ancien réservoir à fuel réutilisé.

A projet hors norme, écrin unique. Le projet retenu de l’architecte bordelais Jean de Giacinto, associé à Léo Rival et SNC Lavalin, BET mandataire, investit un bunker de la Seconde Guerre mondiale, sur les Bassins à flots – un ancien réservoir à fuel pour les navires allemands. Nul risque d’arrière-goût : la citerne en béton n’a jamais été utilisée. « Nous avons proposé une approche environnementale à l’Atelier des Bassins, dirigé par Nicolas Michelin, pour réutiliser intelligemment l’ancien bunker de 1 150 m2. Ce dernier contient une cuve de 45 m de long sur 11 m de diamètre, que nous allons aménager pour en faire un chai de vieillissement unique en Europe, explique Jean de Giacinto. Des percements rendront la cuve accessible – actuellement, il faut descendre avec une corde depuis le toit du bunker. En perçant deux accès, nous conservons au bunker toute son inertie. Il sera flanqué de deux ailes perpendiculaires, qui utilisent le mode constructif d’une serre. Cette première extension de 600 m2 accueillera les bureaux en vitrine, et la partie process contenant les alambics de distillation. Nous utilisons la forte inertie du béton du bunker. Les extensions seront bardées en terre cuite, la ventilation naturelle sera assurée par des ouvrants en toiture, et une protection solaire, par un voile thermique blanc. »

Validé par l’Atelier des Bassins, le projet bénéficie du soutien de BPI France, de la Ville, du Grand port et de la région. L’investissement est encore tenu secret. Le projet est en phase APD et le permis de construire en cours d’instruction. Les travaux doivent débuter cette année, pour une livraison en 2017.

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