L'essentiel

Une coopérative pour développer le chauffage bois

Mots clés : Bois - Collectivités locales - Education - Energie renouvelable - Equipements techniques et finitions - Produits et matériaux - Situation économique

Dans le Pays de Dinan, des installateurs s’impliquent au sein d’une société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Elle a été créée pour sauvegarder le bocage et pérenniser la ressource locale de bois de chauffage.

Du bois de bocage, pourquoi ?

L’impulsion vient du Conseil de développement du Pays de Dinan (Côtes-d’Armor). Désirant protéger le bocage et encourager l’utilisation du bois de chauffage sur son territoire, rural et peu forestier, il décide de monter une filière bois-énergie. À l’automne 2005, il recrute un jeune étudiant, ingénieur en apprentissage de l’Ecole supérieure agricole d’Angers, à qui il confie cette mission en tant qu’animateur de sa commission environnement. Passionné de bois-énergie et originaire de la région, Jérémy Dauphin a été à bonne école, puisqu’il a fait son stage de troisième année chez l’un des pionniers du bois-énergie en Bretagne, Dominique Rupin, chauffagiste à Retiers et lui aussi motivé au départ par la préservation du bocage (lire JDC n° 131 de mars 2006).

La disparition progressive des haies, du fait du remembrement, de leur suppression ou de leur manque d’entretien par les agriculteurs eux-mêmes, se révèle en effet préoccupante pour le paysage, la biodiversité et la protection des sols et des eaux. Valoriser le bois d’émondage, souvent brûlé au bord du champ, permet de répondre à cet enjeu environnemental. En même temps, il produit de l’emploi local et pérennise les sources de bois de chauffage. Sous-exploité, le potentiel d’énergie de chauffage produit par le bois de bocage se révèle non négligeable : en fonction de la densité de la haie, 200 ml suffisent en moyenne pour chauffer une habitation de 120 m2 qui nécessite 30 m3 par an de bois. « Sur la commune de Taden (1 800 habitants), nous avons calculé que cinq à sept exploitants, soit la moitié de ceux de la commune, pourraient alimenter trois ou quatre grosses chaufferies collectives ou une dizaine de particuliers », observe Jérémy Dauphin. L’objectif de la filière est donc de fournir aux exploitants un service clé en main pour réaliser les chantiers d’élagage : « Comme ça, ils n’auraient plus de raisons de ne pas entretenir leurs haies ».

Comment est née la Scic du Pays de Dinan ?

L’étude de faisabilité de la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) a été adoptée au printemps 2006. Encore peu courant en France, notamment à cause du processus assez long qu’il requiert (deux ans dans le cas de la Scic ENR Pays de Dinan, agréée en avril 2008), ce statut particulier permet d’associer plusieurs types d’acteurs autour d’un même projet économique d’utilité sociale. Pour Jérémy Dauphin, devenu gérant à mi-temps de la Scic, cette multiplicité des acteurs est « excellente, car elle permet de prendre des décisions collectives concernant les orientations et les grandes décisions. Comme ils sont concertés, les projets sont plus efficaces. À condition d’avoir pris le temps de laisser chacun s’exprimer pour mieux définir les champs d’activités de la coopérative. »

Associés au projet par des membres de la commission environnement, deux chauffagistes spécialisés dans le bois-énergie, Christian Milliot et Ludovic Pelhate, ont ainsi pu participer directement à la création de la Scic en tant que membres fondateurs. « Au départ, je suis venu avec l’idée de les pousser à monter une unité de production de granulés », raconte Ludovic Pelhate. Un projet qui n’a pour le moment pas été suivi par la Scic. Reste que, dans son fonctionnement, la structure permet une expression démocratique de l’ensemble des associés puisque, au sein des...

Vous lisez un article de la revue Journal du chauffage n° 163 du 01/07/2009
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