Evénement

Une cité-jardin contemporaine dans le Grand Paris

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Centre commercial - Magasin - Métier de la construction - Urbanisme - aménagement urbain

À Massy, la ZAC Ampère associe logements et bureaux – mais sans commerces. Cette cité-jardin de 44 hectares est en cours d’édification en lieu et place d’une ancienne zone d’activité, sous la houlette de l’urbaniste Dominique Petermüller : une occasion de tester aujourd’hui la viabilité de cette forme urbaine née il y a plus d’un siècle.

À une vingtaine de kilomètres du centre de Paris, Massy (Essonne) effectue en toute discrétion une spectaculaire mutation. La municipalité s’est engagée dans une politique de grands travaux, qui ambitionne de faire de cette commune de 46 000 habitants, jusqu’à présent englobée dans la nébuleuse de la deuxième couronne parisienne, un « quartier sud du Grand Paris », selon la formule du sénateur maire Vincent Delahaye. Un vœu qui ne semble pas irréalisable, Massy disposant de deux atouts majeurs : d’une part, sa situation au cœur des infrastructures de transport, avec une desserte par l’autoroute A10, les lignes ferroviaires RER, SNCF, TGV et les projets de ligne du Grand Paris Express, du Tram Express Sud et de transport collectif en site propre (TCSP) ; d’autre part, son intégration dans le périmètre de l’opération d’intérêt national Paris-Saclay, qui vise à constituer un pôle universitaire, de recherche et de haute technologie, de niveau mondial. La proximité immédiate de ce cluster scientifique et technologique en cours de développement dynamise la demande de logements, d’équipements publics, de commerces et de bureaux à Massy.

Pour faire face à cette croissance, la ville a entrepris la restructuration de ses quartiers d’habitat datant des années 1960 et 1970 et la transformation environnementale des zones d’activité créées à la même époque. Par sa taille et ses retombées sur le développement économique et démographique, le nouveau quartier Atlantis constitue le projet le plus ambitieux, sur une superficie de 100 ha. Il sort de terre à l’endroit des Champs ronds, une ancienne zone d’activité établie dans les années 1960, où des fleurons de l’industrie – dont Bull, Alcatel, Alstom, Ericsson – se sont implantés. À partir des années 1990, l’évolution des modes de production et de travail a réduit les besoins fonciers de ces entreprises. Certaines ont vendu leur emprise à des sociétés foncières pour devenir locataire, ou quitter Massy. Pour stopper l’hémorragie et garder son attractivité, la ville, par le biais de sa société d’aménagement urbain la Semmassy, décide au début des années 2000 d’élargir la vocation du secteur afin d’en faire un quartier mixte, avec des logements, des commerces, des équipements publics et des bureaux. Un schéma directeur et la révision du PLU sont élaborés sous la houlette de l’agence Bécard & Palay, qui divise les grandes unités foncières du parc d’activité en îlots dimensionnés à l’échelle d’un quartier. Le territoire est découpé en trois zones d’aménagement concerté, chacune confiée à un architecte coordonnateur : la ZAC Paris-Carnot (19 ha), coordonnée par DLM, pour laquelle Elizabeth et Christian de Portzamparc réalisent le nouveau centre-ville ; la ZAC Paris Briis (17 ha), supervisée par Pierre Gangnet ; enfin, la plus vaste, la ZAC Ampère (44 ha), prise en charge par Dominique Petermüller (en association avec Philippe Panerai jusqu’en 2008),...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 248 du 15/02/2016
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