Architecture Technique SPECIAL HLM Gironde

Une cité des années 1960 se relooke

Mots clés : Logement social - Politique énergétique

Profitant d’un programme de rénovation thermique, un grand ensemble réalise sa métamorphose architecturale.

« Le grand problème des cités est de ne plus pouvoir distinguer ce qui est privé de ce qui est collectif et public. Cela engendre ces territoires de violence où règne la loi du plus fort », explique Umberto Napolitano, architecte, dont l’agence LAN a réalisé, dans le cadre d’un programme de rénovation urbaine, la réhabilitation de neuf bâtiments de logements à Lormont (Gironde), dans le quartier sensible Génicart à dominante d’habitat social.

Le programme portait à la fois sur la remise aux normes thermiques des bâtiments et sur la réhabilitation des espaces publics de la cité. Les interventions architecturales suivent donc la logique du projet urbain, qui consiste à redécouper ce vaste ensemble indifférencié en plusieurs secteurs. Grâce aux transformations spectaculaires de leur enveloppe (l’intérieur des appartements n’a pas été réhabilité), les bâtiments forment chacun, à présent, une entité identifiable, à l’échelle d’un îlot urbain. Ainsi, six barres ont été revêtues chacune d’un bardage particulier qui les distingue les unes des autres, par le matériau employé, sa teinte, sa mise en œuvre. Les dalles des balcons ont été prolongées vers l’extérieur de façon à les rendre plus habitables.

Comme trois totems.

Emergeant au-dessus des barres, les trois tours, traitées cette fois de façon unitaire, constituent un repère et une centralité pour le quartier. Comme trois totems. Les tours sont enveloppées d’un voile translucide, rigoureusement tramé, qui, en évoquant le mur-rideau d’un immeuble tertiaire, efface leur fonction domestique. Pourtant, ce sont bien des espaces privés que les parois de polycarbonate protègent, délimitant, selon les saisons, des jardins d’hiver ou des espaces ombragés et ventilés en été. Ces pièces supplémentaires situées en prolongement des salons sont créées à partir des balcons existants, dont la profondeur (1,20 m) a été augmentée de 1,50 m pour atteindre 2,70 m. Les panneaux de polycarbonate sont assujettis aux planchers, et coulissent au-dessus des allèges. Close mais non chauffée, cette nouvelle épaisseur habitable forme un efficace tampon thermo-acoustique : la consommation énergétique a été divisée quasiment de moitié après un an d’exploitation.

Ponctué de réunions d’information régulières, le chantier s’est déroulé en site occupé. « La même population qui laissait jusqu’alors son logement se dégrader en prend soin aujourd’hui. Et ce avec un matériau léger, le polycarbonate, pourtant assez fragile. Signe tangible que le projet est une réussite », se félicite Umberto Napolitano.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Domofrance. Maîtrise d’œuvre : LAN, architecte. BET : Franck Boutté (HQE), Beterem (TCE), Base (paysage). Entreprise générale : DV Construction (Bouygues). Surface : 28 007 m2 SP. Montant des travaux : 13,7 M€ HT (pour les trois tours).

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