Technique et chantier

Une armada de petites machines sous le toit du grand stade de Lille

Une entreprise spécialisée dans les circuits de motocross a créé une piste provisoire en un temps record.

Une noria de 15 camions-bennes de 20 t 8×6 Scania et MAN déversent la terre à cadence rapide. Une pelle sur chenilles de 15 t et deux minipelles de 3,5 t Bobcat élèvent au godet de grosses bosses. Quatre minichargeuses Bobcat 870 et 650 à godets de 1 m3 poussent, lissent, rabotent, assurent la finition d’un terrain que deux rouleaux vibreurs compactent. Un véhicule léger Ranger XP900 de Polaris apporte à pied d’œuvre des structures gonflables.

Des terrassiers-pilotes à l’œuvre

Banales scènes de terrassement d’un classique chantier de travaux publics ? Pas vraiment : nous sommes sous le toit soigneusement fermé du grand stade Pierre-Mauroy de Lille ; et la flotte de machines en suractivité dispose de trois jours pour sculpter quasiment au centimètre près le circuit à six pistes du Supercross Paris-Lille, une épreuve sportive de motocross, délocalisée pour la première fois dans la capitale de la Flandre française. L’équipe de terrassiers de haute précision de Jean-Luc Fouchet Organisation (JLFO) modèle le circuit sur une surface de 80×64 m, soit dans la configuration d’un demi-stade à 22 000 spectateurs, coupé en deux par un immense rideau noir devant lequel sont suspendus deux écrans géants. Les « terrassiers » qui conduisent les machines sont en l’occurrence des pilotes chevronnés de motocross, tous certifiés à la manœuvre dans les règles de l’art d’engins de chantier, et, pour certains d’entre eux, conducteurs professionnels de pelles et de chargeurs. Si la maîtrise technique des chauffeurs est indispensable aux commandes des machines, ce sont surtout leur coup d’œil et leur expérience de pilotes de moto de compétition qui font la différence sur ce type de modelage paysager. « C’est surprenant pour les non-initiés, mais la réalisation de pistes en terre pour une manche du Supercross ne peut être confiée qu’à des gens parfaitement au fait des techniques de pilotage, insiste Laurent Hamel, aux commandes d’une des pelles de 15 t. Il faut savoir apprécier les distances, les hauteurs, le comportement des motos, comment elles vont passer sur tous les points du circuit. Cette connaissance du Supercross permet de modeler la terre exactement comme il faut pour que la course ait lieu en sécurité. Et puis, sur le chantier qui est également une course contre la montre, nous devons faire attention aux mouvements des autres. Nous sommes habitués à travailler ensemble. » Ça bouge sans arrêt, à toute vitesse et en de nombreux points en même temps. Le rythme de cette flottille de minimachines et de l’équipe JLFO de 34 personnes n’a rien à voir avec celui d’un chantier classique. Jean-Luc Fouchet a l’œil sur le chronomètre, la piste, le pont (un ouvrage monté sur une armature en bois), sur les hauteurs des 40 bosses qu’il n’hésite pas à faire rectifier. Les chargeuses Bobcat escaladent sans forcer. En trois jours, 3 000 m3 de terre sont acheminés, livrés et modelés. Le travail commence à 7 heures le matin et se termine en principe à 21 heures. L’équipe prend sur place ses repas, confectionnés par une cuisinière attitrée qui accompagne JLFO sur toutes ses réalisations de pistes provisoires. Une grande partie des machines suivent également dans les bagages. Un concessionnaire local complète le parc – en l’occurrence, Asa Company, à Seclin. Bobcat fournit ce matériel dans le cadre d’un partenariat. Ces machines sont à la fois très compactes, très puissantes et très agiles. Les conducteurs effectuent eux-mêmes les opérations d’entretien journalier le soir. Quant au démontage, il est plus simple car moins minutieux : il s’opère en une nuit avec une pelle de 40 t.

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ENCADRE

Matthieu Dumain, assistant événementiel chez JLFO - « Un rythme élevé »

« Pas une minute à perdre sur un chantier aussi serré. Tout doit s’enchaîner sur un rythme élevé. Les machines doivent suivre le tempo. La protection de la pelouse du stade par une couche d’aggloméré, puis par un plancher alu et un géotextile, est à peine commencée que le premier camion vient livrer la terre.Puis les machines confectionnent les bosses, et, en même temps, l’armature du pont est montée. L’une des clefs de la réussite d’un chantier aussi concentré dans l’espace et le temps est de faire vider les camions dès qu’une zone est prête. Chaque matin, l’équipe a un court briefing, et deux autres à midi et le soir. Et nous sommes en contact permanent avec les organisateurs. »

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