Territoires Caen

Un tramway en remplacera un autre

Mots clés : Transport collectif urbain

La dernière semaine de juillet, le tramway de Caen a disparu des voies. Cette opération de maintenance annuelle avait des airs de répétition générale du vaste projet de transformation de l’actuel tramway sur pneus (technologie TVR de Bombardier) par un système sur rail, jugé plus fiable. Début 2018, le tramway s’arrêtera donc de circuler pour permettre de réaliser les travaux avec comme objectif une mise en service du nouveau tramway en septembre 2019.

Ce projet estimé à 230 millions d’euros (1) est réalisé sous la maîtrise d’ouvrage déléguée de Tramcités (groupement Egis Rail et Normandie Aménagement), qui succède au syndicat mixte de transport Viacités, dissous début 2015. La maîtrise d’œuvre a été confiée début juillet au groupement ASyAS, composé de deux sociétés d’ingénierie (Artelia et Setec) et de deux agences d’architecture et d’urbanisme (Attica et Signes). Le marché de 8,74 millions d’euros HT comprend les études d’avant-projet, l’assistance au maître d’ouvrage, la passation des contrats de travaux, leur exécution, leur pilotage et la coordination des entreprises. Durant toute la durée des études et des travaux, une équipe d’ingénieurs et d’architectes s’installera dans l’agence d’Artelia d’Hérouville-Saint-Clair.
Un autre groupement, composé de Ferrand-Sigal Architectes (mandataire), Archipole urbanisme et architecture, AUA Structure et Technip TPS, assurera la maîtrise d’œuvre du futur centre d’exploitation et de maintenance des tramways qui sera installé sur la ZAC des Hauts de l’Orne, à Fleury-sur-Orne.

Première française.

La transformation d’un réseau de tramway sur pneus en un réseau ferré est une première en France. Pour l’occasion, les acteurs ont d’ailleurs inventé le terme de « tramférisation ». Concrètement, les entreprises devront transformer la plate-forme et les 15,4 km de voies en ayant le moins d’impact possible sur l’insertion de la ligne actuelle. « C’est moins contraignant de passer du pneu au fer que de créer une nouvelle ligne », relativise Frédéric Ghoulmié, directeur du département transport d’Artelia. L’enjeu sera donc de réutiliser autant que possible les équipements existants mais il faudra notamment intégrer les évolutions normatives, de nouvelles obligations sécuritaires (déplacement de poteaux hors des zones accidentogènes), reprendre certains rayons de courbure des voies, allonger les quais de 24 à 32 m, engazonner une grande partie du linéaire, etc.

Si la nouvelle équipe de Caen la Mer a abandonné le précédent projet qui comportait deux lignes pour 300 millions d’euros le jugeant « irréalisable financièrement », le nouveau projet prévoit un ajout de deux petites branches (trois stations) : l’une jusqu’à la Presqu’île, l’autre jusqu’à Fleury-sur-Orne. Ces 1,5 km de lignes nouvelles devraient marquer la première phase d’une seconde ligne prolongeant la branche Presqu’île vers l’ouest de l’agglomération. « Tramcités travaille sur les différentes hypothèses pour une mise en service en 2024 », assure Joël Bruneau, président de Caen la Mer.

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(1) Emprunt à long terme : 143,5 millions d’euros. Subventions acquises : 27 millions (Etat) et 45 millions (conseil départemental, soit 15 millions plus 2 millions pendant quinze ans à compter de 2020). Subventions sollicitées : 15 millions (région) et 15 millions (Feder). Autofinancement : 14,5 millions d’euros (fonds propres).

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