Architecture Technique Ouvrage d’art

Un trait d’union écologique sur le Rhin

Mots clés : Démarche environnementale - Ouvrage d'art - Transport collectif urbain

Le nouveau pont de Strasbourg est le premier ouvrage transfrontalier français dédié aux modes de transport doux.

C’est une première en France. Depuis l’été 2014, Bouygues Travaux publics Région France (BTPRF) construit, entre Strasbourg et Kehl (Bade-Wurtemberg), un pont transfrontalier dédié aux modes de déplacement doux (tramway, vélo et piétons). Trait d’union européen, ce nouveau pont sur le Rhin, érigé à 50 m du pont de l’Europe et à 150 m d’un viaduc ferroviaire existant, s’inscrit dans le cadre de l’extension de la ligne D du tramway strasbourgeois, sur 2,6 km, en direction de l’Allemagne.

Pont métallique à arcs autocentrés avec suspentes – ou double bow-string -, cet ouvrage, qui doit franchir une brèche fluviale de 240 m avec un tirant d’air de 7,5 m, présente la particularité de ne reposer que sur une seule pile en plein fleuve (en plus de deux appuis sur berges). « Le Rhin étant l’un des fleuves les plus circulés d’Europe, nous avions pour obligation de limiter le nombre de piles à une seule, alignée qui plus est sur celles des ouvrages environnants », explique Francis Gérard, responsable commercial pour BTPRF. Elément clé du nouveau pont, cette pile, haute de 15 m, repose sur une semelle superficielle de 3 m d’épaisseur, coulée à sec au fond du fleuve à l’abri d’un impressionnant batardeau de palplanches. Cette « cathédrale au milieu du Rhin », selon l’expression de Francis Gérard, est conçue pour résister au courant du fleuve qui a atteint, durant trois semaines, 3 300 m3 par seconde ! Pour renforcer l’assise de la pile, un bouchon de 1,5 m d’épaisseur a en outre été réalisé sous la semelle et ancré au sol à l’aide de 26 tirants passifs.

Une mise en place très complexe.

Ouvrage parfaitement symétrique, le pont sur le Rhin, large de 15 m, est composé de quatre travées : deux travées centrales de 130 m, surmontées chacune d’un arc dédoublé d’une hauteur maximale de 23 m, et deux travées d’accès de 15 m. Comme la réalisation des fondations de la pile, la mise en place des deux tabliers de 145 m nécessite une grande maîtrise technique. Après avoir été acheminés par barges depuis leur usine de fabrication, en Belgique, les éléments des tabliers et des arcs ont été déchargés à l’aide d’une remorque multi-essieux de type Kamag, sur une plate-forme d’assemblage créée sur le site. « Cette plate-forme a dû être renforcée, notamment avec un préremblai, pour pouvoir supporter la structure du pont ainsi que tout le matériel de montage (grue mobile, palées, etc.), qui représente un poids total de plus de 300 tonnes », précise Brice Lhuillier, conducteur de travaux chez BTPRF.

Ainsi assemblé et préparé, chacun des tabliers a ensuite été transporté par deux barges accolées l’une à l’autre, jusqu’à son emplacement définitif. « Les tabliers ont été préalablement vérinés sur la plate-forme afin de les mettre dans leur position finale, légèrement en pente, ce qui a facilité les opérations sur le fleuve », indique Diter Braet, ingénieur projet pour Victor Buyck Steel Construction. Ces opérations exceptionnelles ont eu lieu en deux jours, en octobre et en novembre, avec une fermeture complète du Rhin.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Compagnie des transports strasbourgeois. Maîtrise d’œuvre générale : Getas-Peter. Assistant maîtrise d’ouvrage : Egis JMI. Groupement d’entreprises : Bouygues Travaux publics Région France (mandataire), Marc Barani Architectes, Arcadis, Victor Buyck Steel Construction, Früh Ingenieurbau, Lingenheld Travaux publics. Coût : 24,3 millions d’euros HT.

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