Architecture Technique Equipement

Un théâtre de plein air au cœur de vestiges

Mots clés : Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

A Tourtouse (Ariège), un théâtre d’été se glisse dans d’anciens remparts.

Posé au pied des Pyrénées ariégeoises, le théâtre de verdure de Tourtouse (170 habitants) devait accueillir son premier spectacle le 3 juillet. Un incendie à la connexion au réseau électrique public a reporté cette ouverture à l’année prochaine. Ni le maître d’oeuvre, ni les entreprises ne sont en cause. De nouveaux appels d’offres sont en cours pour reconstruire les loges et une partie de la scène. L’équipement s’inscrit dans un projet global de mise en valeur et de conservation d’un ensemble, composé de remparts et de la « Motte féodale », lui-même attenant à une église et à l’ancienne résidence d’été de Bruno de Ruade, évêque de Saint-Lizier au XVIIe siècle.

Sa labellisation en « pôle d’excellence rural », le deuxième en Ariège, a rendu possible le rêve de Jacqueline Mauran, adjointe au maire et présidente de l’association Remp’arts, de redonner vie au site. « À la suite d’une étude de faisabilité pour imaginer les utilisations possibles du lieu en tenant compte du classement en 2011 de la Motte féodale, nous avons décidé d’y réaliser un théâtre à l’antique. Puis, nous avons lancé un concours d’architecture sur esquisse intégrant la valorisation des paysages environnants », explique l’élue. L’équipe lauréate, emmenée par l’agence d’architecture toulousaine AB2, a proposé d’intervenir par « petites touches ». « Nous avons conçu une architecture du moindre impact et une mise en valeur de la ruine par une écriture contemporaine », commente Hélène Bergès, architecte.

Une valorisation réversible.

Côté ouest et nord, les remparts restaurés servent de fond de scène. Installées sous un portique en acier autopatinable, des boîtes en ossature bois abritent la billetterie, la buvette et la régie. Côté est, les loges sont glissées, elles aussi, à l’intérieur de boîtes posées en clôture en face d’un gîte. « Petits ouvrages légers et modulables, elles s’apparentent plus à du mobilier qu’à des constructions. Pour les gradins et la scène, nous avons imaginé, afin de limiter l’impact sur les sous-sols archéologiques, une structure métallique posée sur des micropieux plutôt que des fondations coulées en béton, conformément à la demande de la Drac de Midi-Pyrénées qui a voulu que le site soit réversible », précise Romain Joseph, architecte, chargé d’opération. Les gradins de 250 places sont donc adossés au rempart sans pour autant s’appuyer sur celui-ci. Ils sont distants du mur de 60 cm et raccordés à ce dernier au moyen d’un caillebotis léger. Revêtus d’emmarchements de bois et de banquettes bois-acier, ils respectent l’unité de matériaux utilisés dans le site. « Le bois et l’acier autopatinable réagissent dignement à la patine du temps. Ils écrivent une continuité avec les murs de pierres des remparts », estime Hélène Bergès. L’autre principe a été de dégager des vues. A l’ouest, l’ouverture existante dans les remparts en ruine, a été sécurisée et mise en valeur par la création d’un belvédère offrant une vue imprenable sur le paysage.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : communauté de communes du Volvestre Ariégeois. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Ville de Tourtouse. Maîtrise d’œuvre : AB2 Architecture, H. Bergès et J. Bergès, & Atelier Joseph, R. Joseph (mandataire), Architecture & Paysage, B. Dumons et S. Assassin. Principales entreprises : Forae (fondations), Sele (maçonnerie), Sati (métallerie), Weingartner (ossature bois, couverture). Coût : 446 000 € HT.

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