Territoires Toulouse

Un territoire métropolitain en construction

Tout en préservant sa qualité de vie, la métropole toulousaine organise les déplacements et planifie son développement pour conforter son attractivité.

Dans la quatrième agglomération de France, il règne un certain désenchantement. Pourtant, l’attrait de la ville rose ne s’est pas démenti depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec le développement des activités spatiales et aéronautiques. Airbus Group, qui y construit son nouveau siège social et emploie 13 000 salariés, confirme sa fidélité au territoire. Matière grise et activité économique ont créé un cercle vertueux d’innovation et de développement. Labellisée French Tech, Toulouse Métropole a pris le virage du numérique. A l’instar d’autres observateurs, Pierre Cabrol, président de la société foncière Midi 2i, filiale de la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées, constate toutefois « l’incertitude des investisseurs, faute de visibilité », et regrette « l’absence d’une lecture consensuelle du territoire, au-delà du strict périmètre de Toulouse Métropole ». Il se désole ainsi du conflit entre l’agglomération voisine du Sicoval, favorable au prolongement de la ligne B du métro jusqu’à sa ville-centre de Labège, au cœur d’un des principaux pôles d’emploi, et Toulouse Métropole qui donne la priorité à la troisième ligne de métro. Le retard pris dans le projet du Parc des expositions, très attendu par les acteurs économiques, est un autre sujet d’inquiétude. Les appels d’offres pour une opération estimée à 300 millions d’euros devaient partir fin 2014, mais ils ne seront lancés que lorsque la collectivité aura bouclé le financement qu’elle ne veut plus supporter seule.

Aussi grande que Paris, mais avec cinq fois moins d’habitants, Toulouse a grandi au gré des opportunités foncières, isolée de ses voisines qui se sont urbanisées de leur côté pour répondre à un essor démographique (+ 4,5 % entre 2007 et 2012 sur la métropole). L’habitat et l’espace aérés font l’attractivité du territoire, mais sont aussi un frein, avec comme corollaire des déplacements de plus en plus difficiles.

Le constat n’est pas nouveau.

« L’ancien président de Toulouse Métropole, le socialiste Pierre Cohen, avait créé les contrats d’axe avec les communes périphériques, promettant le transport collectif si une politique de densification était mise en œuvre. Son échec aux dernières élections municipales s’explique en partie par le rejet de la densité », raconte Robert Marconis, géographe et professeur émérite à l’université Jean-Jaurès. Même s’il a fait campagne contre l’urbanisme jugé trop dogmatique de son prédécesseur, Jean-Luc Moudenc, le président UMP de Toulouse Métropole, s’inscrit dans la continuité, en reconduisant dans leurs missions les maîtres d’œuvre des principaux projets urbains. L’arrêt de l’étalement urbain et la production de logements, en construisant moins dense et moins haut tout en respectant l’identité des quartiers, demeurent des lignes directrices. Dans cette logique, la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de Toulouse a démarré, pour une mise en application en 2016. A une autre échelle, le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de la Grande agglomération toulousaine sera également révisé pour être « grenellisé » et mis en cohésion avec le futur nouveau plan de déplacements urbains.

L’élaboration du PLUi-H (Habitat) a aussi débuté. Karine Traval-Michelet, maire socialiste de Colomiers et présidente de la commission habitat à la métropole, y prendra une part active : « Dans notre projet métropolitain, nous parlons de métropole accueillante. Cela implique la solidarité. Chaque commune doit participer à l’effort de production de logements sociaux », insiste-t-elle. Sur un territoire caractérisé par une commune-centre, qui regroupe la majorité de la population et a longtemps été en opposition politique avec une banlieue constituée tardivement, le véritable défi est de basculer de la compétition vers la coopération. Malgré le couac lié à l’augmentation des taux d’imposition de 7,5 % en 2015 et 2016, décidée sans concertation à Toulouse Métropole, l’élue portera le message métropolitain, car « les enjeux le justifient ».

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Les dates clés

1991 : création du district associant 13 communes.
Juin 2001 : le district (21 communes) devient communauté d’agglomération du Grand Toulouse.
1er janvier 2009 : communauté urbaine du Grand Toulouse
1er janvier 2011 : extension du périmètre à 12 communes.
2012 : la communauté urbaine de Toulouse Métropole est constituée de 37 communes.
1er janvier 2015 : la communauté urbaine Toulouse Métropole prend le statut de métropole.

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Toulouse Métropole en chiffres

727 016 habitants,

+ de 50 % à Toulouse.

458,2 km2,

dont 118,3 km² à Toulouse

37 communes
16
quartiers prioritaires, soit 8 % de la population totale de la métropole
99 700 cadres à Toulouse,

4e ville de France en nombre d’emploi de cadres.

13,5 % de chômeurs
2 e ville universitaire
42,5 % de propriétaires

6 300 logements par an (cible du PLH 2010-2015).

54 794 logements locatifs sociaux

soit 18,83 % de taux SRU.

45 034 m 2 de bureaux commercialisés en 2014.
1,5 Md d’eurosd’investissements prévus dans le PPI 2015-2020.
3 425 euros/m 2 prix de vente du logement neuf (habitable, hors parking)

Sources : Toulouse Métropole, Insee, Auat, FPI.

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