Régions Alpes-Maritimes

Un tablier bois-béton pour le pont d’Ilonse

Mots clés : Béton - Bois - Rénovation d'ouvrage

C’est une première pour le département et l’un des rares ouvrages de ce type en France : le nouveau pont d’Ilonse, mis en service au début de l’été dans la vallée de la Tinée sur la RD59, possède un tablier formé d’une dalle béton et de cinq poutres en bois lamellé-collé avec tirants, de 21 m de portée. Pour remplacer un ancien tablier métallique datant des années vingt et reposant sur des culées maçonnées, le conseil général des Alpes-Maritimes, maître d’ouvrage et maître d’œuvre (direction des routes) a effet pris le parti de réaliser un ouvrage s’intégrant au mieux dans le milieu naturel, d’où ce choix d’une structure bois avec précontrainte extérieure.

Confié à un groupement GTM TP Côte d’Azur/Fargeot Lamellé Collé pour les travaux et au BET Sud-Exe pour le génie civil, cette opération a nécessité une étude amont minutieuse. « Toute la difficulté provient du fait que le béton et le bois réagissent très différemment à la dilatation thermique. Il ne fallait donc surtout pas que ces matériaux soient liaisonnés », explique Pascal Bussery, responsable d’étude de Sud-Exe.

Installation par grue de 100 t

La solution a été trouvée dans la mise en place de profilés métalliques sur chaque poutre avec un point fixe au milieu de celles-ci et une liberté de mouvement au-delà, pour la dalle. « Ce dispositif va permettre à la dalle béton, en fonction des sollicitations, de se dilater longitudinalement sans solliciter les poutres bois, dont la déformation s’opère par gonflement. D’où la nature de cet ouvrage qui est bicomposant et non mixte », insiste Pascal Bussery. Un double travail de modélisation (poutres/poutres et tablier) a ensuite permis de confirmer ces hypothèses.
Le chantier de ce pont tout tonnage, avec une équipe d’une dizaine de personnes, n’a pas été sans contraintes : route d’accès sinueuse, exiguïté du site, interruption des travaux pendant la période hivernale…
Des travaux acrobatiques de rejointement et d’injection de coulis (environ 100 m3) dans la maçonnerie des culées, de réalisation de dalles en encorbellement ont été menés en phase préalable. Après dynamitage de l’ancien tablier, les poutres préfabriquées (des éléments en pin douglas de 7 t, hauts de plus d’un mètre et larges de 26,4 cm) et équipées de leurs tirants ont été acheminées sur site. Elles ont été installées au moyen d’une grue de 100 t prenant appui sur une tour d’étaiement installée au niveau des culées.
« Trois jours seulement ont été nécessaires pour installer ces poutres. La pose de hourdis avec prédalle de 8 cm puis d’une dalle de compression a suivi ensuite », détaille Lionel Salicis, responsable des travaux chez GTM TP Côte d’Azur. Au total, hors interruption hivernale, six mois ont été nécessaires pour réinstaller ce nouveau pont sur la route d’Ilonse.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : conseil général des Alpes-Maritimes.
Maître d’œuvre : direction des routes, conseil général des Alpes-Maritimes.
Entreprise : GTM TP Côte d’Azur (mandataire) et Fargeot Lamellé collé.
BET génie civil : Sud-Exe.
Coût : 1 million d’euros TTC, dont 736 000 HT pour les travaux.

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