Territoires Lille Métropole

Un Scot qui donne de l’espace au business

Mots clés : Aménagement du territoire

« Nous avons une ambition forte : construire 130 000 logements et accélérer le développement économique », commentait Marc-Philippe Daubresse, président du syndicat mixte du Schéma de cohérence territoriale (Scot) de Lille Métropole, suite à l’arrêt du document d’orientation et d’objectifs (DOO) pour la période 2015-2035, DOO toutefois non assorti d’une carte prescriptive. « Nous serons très respectueux de la ruralité par une consommation parcimonieuse de l’espace agricole », a cru utile de préciser le député-maire de Lambersart.

Le Scot, qui doit être approuvé définitivement en fin d’année, fixe, en effet, à 2 650 ha (hors infrastructures) les possibilités d’extension urbaine : 1 560 ha pour les opérations résidentielles et mixtes et 1 090 ha pour le développement économique. Cela divise de fait par deux le rythme annuel de consommation de terres agricoles, qui devrait passer de 260 ha par an (sur l’actuel schéma directeur) à 135 ha par an. Mais les vannes sont largement ouvertes sur la première phase puisque les deux tiers pourront être consommés d’ici à 2025. Les travaux liés aux 265 révisions simplifiées du PLU lancées depuis dix-huit mois, conjugués à ceux de la première phase du Scot, vont constituer « une sorte de plan d’urgence à 2,5 milliards d’euros », se félicite Marc-Philippe Daubresse, une formule qui résume parfaitement la fibre « pro-business » de la nouvelle gouvernance de la métropole. Mais la vraie urgence n’a-t-elle pas trait au cadre de vie ?

Approche comptable.

Dans une approche plutôt comptable que stratégique, cet étalement urbain sera géré par un compte foncier, avec des plafonds globaux à ne pas dépasser : 560 ha pour la communauté de communes Pévèle-Carembault, 80 ha pour celle de la Haute Deule, 50 ha pour celle de Weppes et 1 960 ha pour la Métropole européenne de Lille – son président Damien Castelain s’était engagé à ne pas consommer un seul hectare de terre agricole durant son mandat mais c’est donc reculer pour mieux sauter ! Un compte des ressources du tissu urbain existant sera également tenu. Le Scot identifie 3 970 ha à mobiliser pour le renouvellement urbain. Trois nouveaux sites d’excellence sont programmés : Euralimentaire à Lomme, chimie verte à Villeneuve-d’Ascq et agriculture innovante sur Pévèle-Carembault. Par ailleurs, chacun des grands centres commerciaux devra faire l’objet d’un plan de restructuration urbaine à des fins de diversification de ses fonctions.

Enfin – et c’est une innovation -, ce Scot propose une nouvelle échelle de travail, neuf territoires de projets, qui concentrent de forts enjeux métropolitains et sur lesquels les acteurs publics et privés sont incités à se fédérer en inventant de nouveaux dispositifs : le secteur entre Lesquin et Villeneuve-d’Ascq (accessibilité et logistique), le sud (protection de l’eau), le territoire MIN-Englos-Ports (logistique et approvisionnement), l’Armentiérois, les villes jumelles de la Lys, le canal urbain (entre Lomme et la confluence avec La Marque), le Grand Boulevard, Roubaix-Tourcoing-Wattrelos (lutte contre l’appauvrissement) et le cœur métropolitain. Le prochain conseil communautaire sera passionnant à suivre.

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