Architecture Technique Extension

Un réfectoire scolaire très roc

Mots clés : Education - Enduit et colles - Enfance et famille - Rénovation d'ouvrage - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Un enduit travaillé comme dans un parc d’attraction invite les enfants à rêver.

Après la démolition de logements de fonction situés entre une école maternelle et une école primaire de Tourcoing (Nord), le programme prévoyait de relier les deux établissements par une seule cantine commune à tous les élèves. Profitant du dénivelé de 3 m entre le haut et le bas de la rue qui longe le groupe scolaire Racine, l’architecte Vincent D’Houndt a choisi de construire un bâtiment sur deux niveaux et de percher son restaurant, le « Roc », à l’étage. « Nous voulions un lieu magique pour les enfants, quelque chose qui tranche, car une cantine c’est glauque », explique-t-il.

Parti d’abord sur une idée d’enduit un peu brut, puis inspiré par les décors de James Bond « qui allient toujours des lieux modernes avec des grottes », il a pensé à un rocher suspendu, « quelque chose de lourd qui renforce l’effet de suspension et la magie pour que les enfants se demandent comment ça flotte ». Restait à trouver la façon de le réaliser. L’équipe s’est adressée à un spécialiste des rochers reconstitués pour décors de parcs d’attraction, Diffaroc. Ses maçons ont projeté de l’enduit classique sur un grillage métallique qui dessine les différents reliefs. Ils l’ont moulé avec des plaques en silicone pour imprimer des motifs variés. Ils ont enfin utilisé la truelle pour préciser les derniers détails et creuser des failles plus ou moins marquées selon les façades, reproduisant ainsi le travail complexe de l’érosion. Le grillage est soudé sur une structure métallique, elle-même ancrée sur le mur avec des tiges filetées.

Un auvent laqué blanc.

L’ocre des enduits, qui rappelle la brique du mur de l’autre côté de la rue et les façades des écoles, contraste avec la blancheur des poteaux laqués et de la sous-face. Comme la surface de l’étage supérieur est plus importante que celle du rez-de-chaussée, l’architecte a créé un auvent sous lequel les parents peuvent patienter en attendant leurs enfants. Une partie du premier niveau s’appuie sur des plots de cinq pieux très fins : « Nous avons voulu donner l’impression aux enfants d’une petite forêt ou d’un mille-pattes », explique Vincent D’Houndt. Les grilles qui ferment (la nuit et le week-end) les deux extrémités de l’allée des Ecoles reprennent ce graphisme léger.

Au-delà du choc esthétique, le parti pris du Roc décline plusieurs avantages fonctionnels. Le restaurant de 300 m2 est ainsi directement connecté au couloir des salles de classes maternelles, ce qui évite aux petits de se déshabiller et de se rhabiller quand ils viennent déjeuner. Les primaires arrivent par la cour, tandis que les demi-pensionnaires venus de l’extérieur viennent par la rue.
Autre intérêt du positionnement du réfectoire : dans cette rue très enclavée, bordée de l’autre côté par un grand mur, la lumière rentre plus facilement pour éclairer naturellement les repas des élèves. Enfin, le terrain libéré grâce à cette construction sur deux niveaux a permis de dégager un peu plus de place pour un jardin et un potager. L’accès au parking à l’arrière s’effectue sous le bâtiment.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Tourcoing. Maîtrise d’œuvre : D’Houndt + Bajart Architectes & Associés. BET : Kheops (fluides et électricité), Beha Legrand (cuisines collectives et hygiène). Entreprise : Ramery Bâtiment. Surface : 939 m2 (neuf). Coût des travaux : 2,6 millions d’euros HT.

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