Architecture Technique Mobilité

Un premier trottoir roulant sans fosse en France

Mots clés : Gares, aéroports

Le constructeur Kone installe ses premiers modèles d’Innotrack dans l’Hexagone. Les passagers de l’aéroport d’Orly les étrenneront en avril.

«Les passagers pour Fort-de-France sont attendus à la porte d’embarquement. » L’annonce pressante laisse de marbre les trois techniciens. Séparés des voyageurs du terminal Sud de l’aéroport d’Orly par des panneaux, ils s’affairent autour d’un trottoir roulant à moitié assemblé. Le temps presse. La nouvelle extension de la jetée Est du bâtiment sera inaugurée le 14 avril prochain. En outre, la machine en question revêt une importance particulière pour son fabricant, la société finlandaise Kone. C’est l’un des deux premiers modèles d’Innotrack qu’elle installe en France. L’extension de 12 000 m² accueillera ce duo inédit, composé d’une machine de 54 m et d’une autre de 31 m. « Nous espérons prolonger cette dynamique. Des discussions sont en cours avec d’autres aéroports français », confie Pascal Rivet, directeur des escaliers mécaniques au sein de Kone.

L’extension de la jetée abritera aussi trois autres trottoirs roulants traditionnels et cinq escaliers mécaniques, tous issus du même constructeur. Cette opération semble le signe d’une conjoncture plus favorable à l’Innotrack. « Nous en posons actuellement une dizaine dans l’aéroport d’Amman en Jordanie », s’enthousiasme Pascal Rivet. Depuis sa commercialisation en 2006, l’invention de Kone n’avait pas connu un succès fulgurant. Outre la monarchie du Proche-Orient, elle n’a conquis que trois pays : l’Espagne, l’Inde et les Pays-Bas.

Absence d’opération de gros œuvre.

L’équipement possède pourtant une qualité intrinsèque indéniable. Il se pose directement sur le sol fini. A l’inverse, les appareils classiques recouvrent une tranchée d’environ 1 m de profondeur. Les palettes arrivées au bout du tapis se retournent et transitent par cet espace pour retourner au départ. Il contient aussi un volumineux moteur qui entraîne tout le dispositif. L’Innotrack se passe de ces aménagements grâce à un système de traction logé dans la balustrade de la machine. Les ingénieurs de la firme ont adapté un moteur en forme de disque, conçu à l’origine pour les ascenseurs. Les palettes, plus fines, se glissent dans un interstice de 20 cm sous la surface visible du trottoir. L’armoire qui contient la régulation électronique est encastrée dans la rampe d’accès. L’engin est livré sous la forme d’un kit de montage facile à transporter sur un chantier. A condition de positionner l’équipement à proximité d’une alimentation électrique, les exploitants peuvent ainsi le déplacer au gré des évolutions du site. « Ils sont en mesure de modifier leur organisation des flux de personnes. Le bâtiment gagne en flexibilité », souligne le directeur.

Il demeure néanmoins évasif sur le prix : « Certes, l’Innotrack reste plus onéreux qu’un modèle traditionnel. Cependant, grâce à l’absence d’opération de gros œuvre, le coût global d’un chantier est moins élevé avec notre produit. Par ailleurs, il requiert seulement une puissance électrique de 5 kW. » Pour les clients particulièrement soucieux de leur consommation, l’appareil peut être équipé en option d’un système de veille. A l’entrée du trottoir, des détecteurs de mouvement repèrent les passages. S’ils ne relèvent aucun passage, la vitesse des palettes diminue de 0,5 à 0,2 m par seconde avant de s’arrêter. Kone propose aussi l’ajout de ce dispositif sur des machines plus anciennes, déjà mises en service.

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