Architecture Technique Instrumentation

Un pont séculaire sous l’œil de la fibre optique

Mots clés : Electricité - Equipements électriques - Ouvrage d'art - Télécommunications

Le passage d’une quarantaine de convois exceptionnels durant deux mois a imposé le suivi des déformations de l’ouvrage.

Les éoliennes ont le vent en poupe. Depuis quelques années, des fermes, composées par endroits de plusieurs dizaines de ces « moulins à vent », fleurissent un peu partout en France. Or, l’édification de ces équipements nécessite souvent d’importants moyens matériels et d’imposants convois exceptionnels. Conséquence indirecte de cette situation : les infrastructures routières et les ouvrages d’art – pour certains situés dans des zones enclavées – doivent pouvoir supporter de telles charges, qui peuvent atteindre 130 tonnes !

Pour la construction d’un parc éolien en Charente, une quarantaine de convois exceptionnels ont été nécessaires, durant près de deux mois – à raison de deux passages par jour -, pour transporter l’ensemble des éléments constitutifs des éoliennes (pales, nacelles, mâts, etc.). Principale difficulté de ce projet : sur leur itinéraire, les poids lourds devaient franchir un pont en maçonnerie datant de la fin du XIXe siècle… « Comme nous avons peu de connaissances techniques sur l’ouvrage, et même si les notes de calculs nous indiquaient qu’il n’y avait pas de risque important de détérioration, nous avons préféré mettre en place un dispositif de suivi du comportement du pont », indique Nicolas Bourdet, responsable du service infrastructures routières et ouvrages d’art au conseil départemental de la Charente. C’est le système de monitoring par fibre optique de la société Osmos, dénommé « corde optique », qui a été utilisé pour cette mission.

Corde optique.

« Chaque capteur se présente sous la forme d’une fibre optique de 2 m de long environ, précise François-Baptiste Cartiaux, ingénieur génie civil, responsable des ouvrages d’art chez Osmos. Deux de ces capteurs – ou extensomètres à base longue – ont été placés sous la voûte centrale du pont, sous les deux voies de circulation, ce qui a permis de détecter les déformations du tablier, en dynamique, lors du passage des camions. Le principe de ce système de captation simple repose sur la modulation d’intensité lumineuse : lorsque la fibre optique se déforme – sous l’effet des contraintes imposées au pont et des désordres que ces dernières occasionnent -, le flux lumineux s’atténue. Ce flux lumineux est converti en signal électrique qui peut être interprété en déplacement – de l’ordre du micron – puis comparé au signal de référence. »

Après une série de tests pour calibrer ce signal, les mesures ont été réalisées en continu. Ces mesures étaient récupérées sur site, via un ordinateur portable avec une transmission Wi-Fi, pour être interprétées. « Nous savions exactement à quelle heure passaient les camions – les chauffeurs devaient à chaque fois se déclarer -, ce qui nous a permis d’observer finement le comportement du pont pour chacun des passages, explique Nicolas Bourdet. Au final, l’ouvrage s’est bien comporté en se remettant toujours en place. »

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