Architecture Technique Ingénierie

Un pont scruté à la loupe

Mots clés : Conception - Ouvrage d'art

Un système d’enregistrement avec deux caméras a été mis en place à Marseille pour observer les déformations de l’ouvrage.

Une opération originale a eu lieu dans le cadre du chantier de la rocade L2 à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Pour tester la capacité d’un pont métallique provisoire à supporter le trafic des véhicules – et surtout des poids lourds -, un système d’enregistrement novateur, faisant appel simultanément à deux caméras, a été mis en œuvre par le bureau d’études Ginger-CEBTP, spécialisé dans l’analyse des sols, des matériaux et des structures.

« Lors des phases d’essais de chargement statique et dynamique du pont, ces caméras, synchronisées et pointées chacune sur six cibles réparties tous les 12 mètres le long du tablier, de part et d’autre de l’ouvrage, nous ont permis d’observer, en temps réel, les déplacements en flexion ainsi que les écarts de nivellement transversaux, explique Jean-Christophe Habot, chef du service structures et pathologies de Ginger-CEBTP. Ces observations ont ensuite été comparées à la note de calculs pour estimer les flèches verticales admissibles. » Pour les besoins des essais, quatre camions chargés, représentant un poids total de 220 tonnes, se sont déplacés en même temps (photo ci-dessus) sur l’ouvrage long de 72 mètres et large de 7,5 mètres, en marquant un temps d’arrêt (une dizaine de minutes environ) à mi-travées ainsi qu’aux extrémités et au droit des piles.

Mesures sans contact.

Une fois les essais réalisés, s’est ensuivi un important travail de traitement vidéo – près de quatre heures d’enregistrement (à 100 images par seconde) traitées. En analysant des variations de pixels et en convertissant ces dernières en données exploitables (tableaux, graphiques…), le logiciel utilisé par le bureau d’études a rendu compte in fine des très légers déplacements du pont (en millimètres), au niveau de chacune des cibles. Une semaine a été nécessaire pour livrer les premiers résultats.

Pour Laurent Frasca, responsable métrologie chez Ginger-CEBTP, « ce système d’enregistrement par caméras, qui intègre toutes les cibles dans une seule captation, présente l’avantage, outre la précision, de permettre des mesures à distance, sans contact – il n’y a ni câbles ni capteurs -, ce qui limite significativement ses impacts sur le chantier. » A Marseille, une troisième caméra, positionnée en retrait du pont, filmait les opérations, permettant ainsi aux ingénieurs d’avoir un aperçu global de l’événement… afin d’agir localement.

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