Régions

« Un plan Marshall pour les territoires »

Mots clés : Etat et collectivités locales

Dans le cadre de la fusion de la Métropole européenne de Lille (MEL) et de la communauté de communes de Weppes, Damien Castelain, réélu à la tête de la MEL, entend bien construire un territoire attractif, stratège et accessible. Il nous détaille ses priorités.

Vous avez formulé le vœu d’une métropole stratège et attractive. Quelle est votre feuille de route ?

La Métropole européenne de Lille fédère aujourd’hui 90 communes. Mon action s’appuie sur une double vision : une stratégie foncière qui nous permet de conduire nos projets en limitant l’étalement urbain, et un développement économique basé sur le renforcement de nos pôles d’excellence et de nos parcs d’activités.

Sur quels outils de planification vous appuierez-vous ?

Nous avons conduit un véritable « plan Marshall » pour les territoires en adoptant, mi-février, notre schéma de cohérence territoriale (SCOT) et en préparant le nouveau plan local d’urbanisme intercommunal, qui a connu plus de 450 remaniements en trois ans ! Nous avons travaillé dans un souci de préservation du territoire en divisant par deux le nombre d’hectares pris sur les terres agricoles pour assurer notre développement. Nous avons, à l’échelle de la métropole, plus de 500 000 m2 d’offres logistiques disponibles. Nous allons nous concentrer sur nos friches, nos dents creuses, sur tout le foncier existant pour construire la ville sur elle-même en impliquant les métropolitains dans les projets structurants pour le territoire.

La construction du futur siège de la MEL illustre-t-elle cette volonté d’économie foncière ?

Parfaitement. Nous allons regrouper l’ensemble du personnel de la Métropole sur un même site, au sein d’un même bâtiment que nous construirons juste à côté de l’actuel siège, qui sera déconstruit pour permettre de dégager du foncier. Cette opération sera conduite sous maîtrise d’ouvrage MEL pour une livraison attendue en 2022. Le futur siège de la MEL s’inscrira dans un projet baptisé Metropolitan Square, qui, sur 3 hectares, développera un quartier mixte comprenant du logement et des bureaux.

Quelles actions allez-vous engager sur vos parcs d’activités ?

La métropole compte 170 parcs d’activités qu’il faut rénover.

Nous consacrerons 12 millions d’euros par an, pendant cinq ans, pour les redynamiser, que ce soit en termes de voiries, de transports ou d’aménagements paysagers, sans oublier la connexion au très haut débit pour l’ensemble des entreprises implantées. Parallèlement, nous investirons 20 millions d’euros par an dans la construction de nouveaux parcs d’activités.

Ce sont près de 21 ensembles qui verront le jour aux quatre points cardinaux de la métropole d’ici à 2020.

Un territoire attractif est un territoire bien maillé.

Quels sont vos projets en termes de transports ?

Ils constituent le premier poste budgétaire de la MEL. Nous consacrerons près de 1 milliard d’euros en huit ans pour développer nos infrastructures de transports et renouveler notre matériel roulant. Nous attribuerons la nouvelle concession de service public « Transports » en septembre prochain, avec un objectif d’économie de 190 millions, qui seront réinvestis sur de nouveaux projets. Nous réfléchissons ainsi à une ligne de tramway sur l’axe Lille centre – aéroport de Lesquin qui permettrait de desservir un bassin de population dense, des équipements et une zone d’activité économique qui accueille déjà 10 000 salariés et bientôt 15 000 avec le projet de nouvelle ZA Lil’Aéroparc.

La MEL a repris les compétences de la voirie départementale, qui compte 3 500 km de routes et 800 ouvrages d’art.

Nous devons bien sûr les entretenir et améliorer l’accessibilité pour les habitants qui n’ont pas d’autres choix que de prendre leur voiture. Les modes doux ne seront pas oubliés, avec la réalisation de 100 km de pistes cyclables d’ici à la fin du mandat, la participation financière de la MEL à l’achat d’un vélo et l’incitation à l’électromobilité, avec l’installation d’au moins une borne de recharge dans chaque commune.

Concernant l’énergie, vous lancez la construction d’une « autoroute de la chaleur ». Quel est ce projet ?

Dans le cadre du renouvellement de la DSP du centre de valorisation énergétique (CVE) d’Halluin, nous allons récupérer la chaleur fatale de l’incinération des déchets en la réinjectant dans un réseau de chaleur. Long de 15 km, l’ouvrage reliant le CVE aux réseaux de chaleur déjà existants de Roubaix et de Lille coûtera 40 millions d’euros, dont la moitié subventionnée par l’Ademe. Ce dispositif, où pourront se raccorder les communes traversées, permettra d’abaisser de 16 % la facture des Lillois déjà connectés et de 8 % celle des Roubaisiens.

Le logement reste une de vos priorités.

Comment faire plus ?

Nous produisons 20 000 logements, dont 5 000 à 6 000 logements sociaux par an. Chacune de nos grandes opérations inclut entre 25 et 30 % de logements sociaux. Face à la demande, nous devons faire plus. Sur la métropole, il existe près de 40 000 logements vacants. Nous souhaitons, avec l’aide de nos bailleurs, de l’EPF, reconquérir ces biens en les rachetant, en les préemptant, etc. Cette politique rejoint, en tous points, notre stratégie foncière !

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ENCADRE

La MEL en chiffres

90 communes

1,2 million d’habitants

61 145 hectares

1,6 Md € de budget en 2016

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