Territoires Nord

Un plan de paysage pour les huit sites carriers du parc régional de l’Avesnois

A la charnière des années 1980 et 1990, la réalisation du tunnel sous la Manche et des infrastructures associées eut pour conséquence une intensification de la production du bassin carrier de Marquise (2 500 hectares), qui entraîna un bouleversement du paysage de cette partie littorale du Boulonnais. Générant 1 tonne de stériles pour 2 tonnes de matériaux vendus, l’extraction de roche massive est, en effet, beaucoup plus impactante que l’exploitation de carrières alluvionnaires. Un modus vivendi était nécessaire pour sauvegarder à la fois la ressource économique, les contraintes des exploitants, le cadre de vie des habitants et la qualité des milieux naturels. C’est ainsi qu’à l’initiative des services de l’Etat et du Parc naturel régional (PNR) du Boulonnais fut mis en œuvre, avec l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) Nord, le plan de paysage du bassin carrier (marbre blanc) de Marquise, le premier du genre en France. Adopté en 1994 pour une durée de trente ans, celui-ci a été complété depuis par un volet biodiversité.

Deux ans d’étude.

Aujourd’hui, c’est au tour du PNR de l’Avesnois d’engager une démarche identique mais à une échelle beaucoup plus ambitieuse puisque huit carrières de pierre bleue (et six sociétés exploitantes), réparties sur un territoire de 120 000 hectares – chacun avec des caractéristiques paysagères très différentes – sont concernées.

L’étude qui s’engage actuellement a été confiée à l’Agence Folléa-Gautier. Les paysagistes-urbanistes seront accompagnés dans leurs travaux par l’Office de génie écologique (OGE). « Les travaux vont se dérouler sur deux ans et en quatre phases, explique Perrine Arfaux, chargée de mission Aménagement durable du territoire. Dans un premier temps, un diagnostic va être établi conduisant à l’élaboration de schémas d’aménagement globaux. Financés à 50 % par l’Unicem, 50 000 euros doivent être investis dans ces deux séquences. Puis, des plans d’actions opérationnels seront rédigés et in fine intégrés aux documents d’urbanisme et aux arrêtés préfectoraux d’autorisation d’exploitation. » Les actions en question pouvant prendre la forme de plantations, de constitution de réserves d’eau, d’écrêtement, de végétalisation voire de déplacement de merlons. « Le plus gros enjeu se situe autour d’Avesnes-sur-Helpe, où trois carrières se concentrent sur un axe paysager structurant », poursuit Perrine Arfaux. Entre cacher et montrer, l’idée est de trouver le bon équilibre entre exploitation et préservation du cadre de vie, avec à la clé le développement d’une économie touristique.
Le plan de paysage des sites carriers de l’Avesnois aurait sans doute mérité de figurer parmi les lauréats du second appel à projets du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Une aide européenne n’est, toutefois, pas à exclure.

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