Architecture Technique Logement social

Un peu de souplesse dans un monde de barres

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

A Bordeaux, une opération nouvelle défie l’orthogonalité et le gigantisme des grands ensembles.

Dans le centre de Bordeaux (Gironde), sur une parcelle mitoyenne de la cité du Grand-Parc (4 000 logements bâtis entre 1959 et 1975), un petit bâtiment de 36 logements sociaux, conçu par les architectes Xavier Leibar et Jean-Marie Seigneurin, a pris place, bravant le gigantisme du grand ensemble jusqu’à profiter de son plus bel atout : un patrimoine végétal de grande qualité qui se déploie entre les barres sur un terrain de plus de 60 hectares. « Faire de ce bâtiment un élément de transition avec la cité du Grand-Parc et lui donner le statut de porte d’entrée de ce secteur en pleine mutation constituaient les deux points forts du cahier des charges », souligne Lise Pittet, directrice du patrimoine et de la construction chez InCité Bordeaux La Cub, maître d’ouvrage de l’opération.

En prolongement du grand ensemble, la végétation vient donc envelopper l’édifice, et grimpe en façade, plantée dans de grands pots en béton qui font partie intégrante des balcons. Les loggias – de 6,50 m de longueur sur 2 à 3 m de profondeur – constituent des pièces à vivre supplémentaires, ouvertes sur le paysage. Désolidarisées de la façade pour éviter les ponts thermiques, elles sont supportées par des groupes de fines colonnes, telles des tiges de végétaux, au lieu de poteaux de diamètre classique, moins nombreux mais plus épais. « Nous sommes partis de l’idée que vivre au Grand Parc devait être synonyme de vivre dans un parc », expliquent les architectes, s’inscrivant ainsi dans une dynamique commune avec leurs confrères Lacaton & Vassal actuellement en train de greffer jardins d’hiver et balcons sur les anciennes façades de la cité.

Organique mais rationnel.

Du Grand-Parc, il fallait aussi se distinguer pour ne pas disparaître dans la masse des 4 000 logements. Face aux barres, le bâtiment rompt l’organisation linéaire qui prédomine par une forme organique de lignes brisées et sinusoïdales. Un changement de style important chez ces architectes à « l’écriture généralement plus contrôlée et rationnelle » selon Xavier Leibar, mais un geste vital pour exister dans un environnement où le rationalisme règne en maître depuis un demi-siècle. Pour autant, le système constructif ne manque pas de rationalité : une ossature constituée de planchers et refends en béton et une enveloppe sans aucun élément maçonné, intégralement vitrée côté sud et toute en bois côté nord. Un dispositif qui a permis de rationaliser le chantier et de gagner ainsi du temps et de l’argent en évitant de couler à nouveau du béton une fois l’ossature achevée.

A cette économie s’ajoute celle générée par la stricte superposition de chaque typologie d’appartement (du T2 au T4), éliminant ainsi les surcoûts liés aux trames irrégulières entre les niveaux qui nécessitent de coûteuses reprises de structure. Compte tenu de la petite échelle du bâtiment, là où un seul noyau de circulation aurait suffi pour répondre à la norme, ils sont ici au nombre de trois, distribuant chacun trois logements par paliers, la plupart traversants, telles des passerelles de liaison entre le territoire du Grand-Parc et le tissu urbain du quartier.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : InCité Bordeaux La Cub. Maîtrise d’œuvre : Leibar Seigneurin Architecture & Urbanisme. BET : Cobet (structure), Ingetudes (électricité), Becice (fluides). Principales entreprises : Eiffage (gros œuvre), Fourcade (ossature et bardage bois), Loubery (menuiseries extérieures aluminium), France Espaces verts (paysage), Exedra (électricité). Surface : 2 751 m2 Shon. Coût des travaux : 3,238 millions d’euros HT.

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