[TO] Urbanisme et aménagement

Un parc sur le périphérique parisien

Mots clés : Politique du logement - Services urbains - Transport collectif urbain

La couverture du périphérique, au niveau de la porte des Lilas, va devenir un parc, centre d’un nouveau quartier qui, de part et d’autrede l’infrastructure, regroupera bureaux, logements et équipements.

C’est tout un quartier qui va se développer à la porte des Lilas, sur un périmètre de 25 ha, de part et d’autre du boulevard périphérique, désormais enfoui sur une longueur de 800 mètres. Initialement, les premières études pour le réaménagement de cet espace prévoyaient le déploiement d’une ZAC de part et d’autre de cette autoroute urbaine, laissée inchangée en dépit des nuisances qu’elle générait. La pression des riverains a conduit à adopter en 2001 le principe d’une couverture de l’infrastructure et la conception d’un nouveau plan d’ensemble : un nouvel espace public gagné sur l’emprise du périphérique est alors devenu le centre du nouveau quartier mêlant bureau, logements, équipements publics et équipement sportifs.

Cette recherche de mixité des fonctions a été particulièrement travaillée : la Semavip a intégré dans la programmation une résidence étudiante et une résidence hôtelière, ainsi que des équipements municipaux « lourds », comme la cantine centrale des écoles ou le centre de stockage de sel de la voirie parisienne. Cet élément technique, habituellement rejeté en marge des villes, a reçu un traitement architectural de qualité. Situé à un point d’articulation charnière entre Paris et la banlieue, l’offre de transport public du quartier a également été repensée : une nouvelle sortie du métro devrait permettre l’accès à un nouveau pôle de bus, et une connexion avec l’extension du tramway de la ligne des maréchaux sera créée à terme.

C’est le nouvel espace public implanté sur la couverture du périphérique qui vient donner une cohérence à ce site. Il a été scindé en trois parties recevant chacune un programme spécifique. La partie nord sera occupée par un parc, la partie centrale par un parvis devant un multiplexe de cinéma, la partie sud par une enceinte fermée destinée à un cirque. Le vide est l’élément fédérateur de ces trois espaces : « Nous ne voulions pas effacer la trace du périphérique, qui fait pour nous partie intégrante de l’histoire du site. Toutes les plantations ont été réalisées en bordure des voies, aucun obstacle visuel n’a été placé sur la dalle, pour que l’on puisse sentir sa présence », explique ainsi Franck Mathé, de l’agence de paysagiste Territoires, maître d’œuvre pour l’aménagement de la place.

L’aspect des sols varie en fonction des zones : le parvis du cinéma et le terre-plein des cirques, ainsi que la voie réservée à la desserte des bus qui les sépare vont être recouvertes d’un granit clair. Cette continuité de traitement devrait permettre la réunion de ces deux espaces à l’occasion d’événements exceptionnels en soirée ou en week-end.

Jardins partagés

Dans le jardin, les usages cohabitent : une partie du sol a été attribuée aux associations de riverains sous forme de jardins partagés. Des cheminements praticables par les handicapés permettent aux habitants de la commune des Lilas d’atteindre la station de métro en traversant le parc. Les contraintes d’accès pour handicapés ont rallongé ce sentier pittoresque appelé « la ficelle » par ses concepteurs, en raison des nombreuses boucles qu’il décrit à travers le parc. Les contraintes de la construction sur dalle et la tenue des murs de soutènements ont limité les raccourcis sous forme d’escalier enjambant les talus.

Le parc est fermé le soir. Un éclairage a été mis en place pour éviter aux riverains et aux passants de se heurter à « l’effet trou noir », une fois la nuit tombée. Les frondaisons des arbres seront éclairées par des spots encastrés dans le sol, placés sur une ligne correspondant aux limites des voies du périphérique. Ils devraient être pilotés par un système dynamique reflétant l’état de la circulation : plus elle sera intense, moins la « vague » animant la ligne de spots sera lente, et inversement. L’animation de la ville viendra ainsi compléter celle du quartier, sous forme d’illumination.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Semavip.

Maîtrise d’œuvre : Territoires – Philippe Convercey, Franck Mathé mandataire ; Gelin & Lafon, architectes ; Light Cibles, éclairagiste.

Bureau d’études : VRD : ATPI ; Structures : Intégral 4.

Surface de l’opération : 24 000 m2.

Coût : 8 500 000 euros HT.

Livraison : août 2009.

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