Régions Oise

Un OPH fidèle aux racines du logement social

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

« Oise Habitat travaille sur un territoire plutôt qu’un marché. » La philosophie du bailleur bientôt centenaire se résume dans cette formule. Dans un contexte où la finance prend l’ascendant sur le logement social, Oise Habitat a fait le choix délibéré de s’accrocher aux fondamentaux du métier. Une orientation qui doit beaucoup à la personnalité d’un homme, son directeur général depuis treize ans, Bernard Domart, issu du mouvement Pact, ce réseau associatif au service de l’habitat des plus fragiles.

Basé depuis toujours à Creil, Oise Habitat n’a pourtant pas la partie facile, entre ruralité et poussée de la région parisienne (la gare du Nord n’est qu’à trente minutes). Il n’empêche que cet office public de l’habitat (OPH), réputé pour avoir atteint 100 % des objectifs qui lui avaient été fixés par l’Anru – 182 logements démolis, 314 reconstruits, 4 276 réhabilités, 1 149 résidentialisés -, fait la démonstration qu’il est possible d’avoir comme priorité de « loger mieux à moindre coût » tout en se développant. « Une question de méthode », glisse Bernard Domart.

Le chiffre d’affaires d’Oise Habitat (260 salariés) progresse de 1 million d’euros par an en moyenne et devrait atteindre 57 millions d’euros pour l’exercice 2016. « La totalité de l’autofinancement gagné est investie à parts égales dans la production et la réhabilitation », souligne Bernard Domart. Ainsi 364 logements ont été mis en chantier en 2016 et 300 autres unités suivront en 2017, générant un volume d’activité de 100 millions d’euros sur ces deux années. Dans le même temps, Oise Habitat a doublé son rythme de rénovation. Quelque 20 millions d’euros de travaux ont été engagés en 2016 et 40 % de son parc (plus de 13 000 logements) aura été réhabilité d’ici à 2021. « L’obtention de 4,8 millions d’euros de prêts de haut de bilan bonifiés de la Caisse des dépôts et consignations va également permettre la rénovation thermique de logements supplémentaires, portant à 1 432 le nombre d’opérations entre 2016 et 2018 », précise Jean-François Déage, directeur du développement social et de la communication.

Implanté dans 70 communes. Géographe de formation, s’attribuant « une culture de développeur », Bernard Domart a surtout la satisfaction d’avoir vu, en vingt ans, l’implantation d’Oise Habitat passer de 23 à 70 communes. « Nous sommes reconnus pour produire une belle architecture. Je préfère mettre un peu plus de fonds propres et faire bien. Au fil du temps, notre équipe a appris à connaître les maîtres d’ouvrage, mais également les architectes des bâtiments de France, et a compris ce qu’ils attendent. Sur tous nos projets, nous associons nos partenaires de A à Z. Une opération, c’est en moyenne une quarantaine d’intervenants. Cela nécessite un minimum d’humain… » Parallèlement à sa mission d’intérêt général, Oise Habitat a su cultiver un savoir-faire d’aménageur et compte plusieurs ZAC à son actif, dont le centre-bourg de Sacy-le-Petit. L’OPH a aussi réalisé des équipements publics pour le compte des collectivités comme la médiathèque de Liancourt (dans les communs du château du duc de La Rochefoucauld), entourée d’un jardin public. A l’instar de son confrère Christophe Guilluy, le géographe qu’est Bernard Domart ne peut que constater l’affaiblissement global de la vision dans l’aménagement du territoire, aussi porte-t-il avec conviction cette deuxième casquette. Tout comme il croit à la vente aux locataires, seul moyen de trouver à l’avenir une marge de manœuvre dans une région Hauts-de-France qui ne suit plus financièrement.

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