Territoires Lyon

Un nouveau cœur pour l’hôpital Edouard-Herriot

Mots clés : Établissements de soins

Construit par Tony Garnier dans les années 1930, l’hôpital Edouard-Herriot se modernise avec la construction d’un bâtiment qui regroupera toutes les activités « blocs opératoires » de ce site constitué de bâtiments pavillonnaires. « Notre intervention doit permettre de retrouver l’esprit de la cité-jardin imaginée par Tony Garnier en limitant le nombre de véhicules sur le site, en créant un axe nord-sud sans voitures », indique Michel Rémon, architecte en charge de ce projet avec François Chatillon, architecte en chef des Monuments historiques, accompagné par Frédéric Reynaud, paysagiste.

Pour réaliser ce plateau médico-technique central, les Hospices civils de Lyon (HCL) ont choisi de démolir le pavillon H, en cours de désamiantage (lire encadré ci-contre). « Ce plateau technique moderne va devenir le nouveau cœur de l’hôpital, la nouvelle centralité fonctionnelle du site », souligne Michel Rémon. Le nouveau bâtiment sera relié au site unique d’accueil des urgences, qui lui fait face, par une liaison souterraine.

Un bâtiment compact.

Le projet, conduit en concertation avec les praticiens de l’hôpital, comprend la création de deux niveaux de blocs opératoires en rez-de-chaussée et R + 1. Une superposition peu commune dans les projets hospitaliers. La compacité du futur bâtiment – 100 m de long et 50 m de large – et les liaisons fonctionnelles exigées par le programme ont conduit à ce choix. Le rez-de-chaussée du bâtiment, destiné à accueillir les soins d’urgence, déploiera huit salles opératoires, six postes de déchoquage, l’imagerie d’urgence et 20 lits de réanimation chirurgicale. Au 1er étage, les blocs fonctionneront uniquement en journée pour des actes chirurgicaux programmés en lien avec le service ambulatoire. « Ces deux blocs superposés communiqueront par un “ salon des blocs ”, patio couvert par une verrière », précise l’architecte. Cet espace permettra au personnel soignant de se reposer et de circuler d’un étage de bloc à un autre sans quitter la zone stérile. Les niveaux supérieurs accueilleront les lits de réanimation médicale, de surveillance chirurgicale, des unités d’hébergement, les locaux techniques et une hélistation sur le toit. « Nous avons restitué l’écriture architecturale des pavillons existants en proposant de grandes ouvertures pour faire entrer la lumière. Les rythmes des façades différeront en fonction de l’exposition nord ou sud », ajoute Michel Rémon. Malgré sa compacité, l’édifice favorise l’apport de lumière naturelle par deux puits de lumière, situés de part et d’autre du futur bâtiment. L’un d’eux descend jusqu’au milieu des deux niveaux de blocs opératoires pour créer le patio.

Des opérations préalables.

Avant de réaliser ces travaux, différentes opérations préalables ont dû être conduites. « Il a fallu vider et relocaliser les activités du pavillon H dans d’autres pavillons, déconnecter l’ensemble des réseaux présents en sous-sol du pavillon et réaliser les diagnostics amiante », énumère Bruno Cazabat, directeur des affaires techniques des HCL. Autre intervention, et non des moindres, l’emprise du chantier a entraîné le passage de 1 400 places de stationnement à 790 places. Le maître d’ouvrage a travaillé de concert avec les services de la Ville pour rendre payant le stationnement à l’intérieur de l’hôpital, ainsi qu’en périphérie du site. Le coût de l’ensemble de ces travaux s’élève à 120 millions d’euros, financés à hauteur de 40 millions par les HCL, 40 millions par l’Etat, 20 millions par la Ville et 20 millions par la métropole.

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ENCADRE

Deux ans de travaux pour le bâtiment H

Actuellement en cours de désamiantage, la déconstruction de l’actuel pavillon H devrait intervenir entre avril et juillet prochains. Sans attendre la fin de ces travaux, les études et la phase de préparation de chantier démarreront début juin, pour trois mois. Place ensuite à vingt-quatre mois de travaux pour la construction du nouveau bâtiment H qui doit être achevé en septembre 2017. Le plateau technique n’ouvrira ses portes qu’en 2018, temps nécessaire au transfert des matériels et des services, temporairement relocalisés dans d’autres pavillons.
Pour réaliser les travaux, les Hospices civils de Lyon ont opté pour trois macrolots : le premier concerne les opérations de démolition, de gros œuvre et de second œuvre, le deuxième traite du courant fort et faible, et le dernier de toute la partie CVC (chauffage, ventilation et climatisation). Le choix des entreprises attributaires sera connu avant la fin mars.

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