Territoires Chartres

Un musée sous le parvis de la cathédrale

Mots clés : Établissements de culte, funéraire - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Après la rénovation spectaculaire des voûtes de la cathédrale de Chartres, ce joyau de l’art médiéval va se refaire une beauté à l’extérieur : ses abords immédiats, à commencer par le parvis, sont promis à une restauration complète. Clou du projet, la création, sous l’esplanade actuelle, d’un centre d’interprétation semi-enterré – un espace innovant dans sa forme comme dans son contenu, conçu comme un prolongement de la visite de la cathédrale pour décrypter le monument et la cité. La Ville de Chartres, maître d’ouvrage, en a confié la réalisation à l’agence nantaise Forma 6, mandataire, associée notamment à l’urbaniste parisien Michel Cantal-Dupart. L’équipe travaille actuellement sur l’étude de faisabilité du projet, chiffré à 15 millions d’euros HT.

L’originalité de la proposition tient à l’inversion de la pente du parvis. Actuellement, l’esplanade descend vers le fond de la place. En 2019, elle s’élèvera en pente douce en sens inverse et, dans l’espace ainsi ménagé, les architectes installeront le centre d’interprétation. Le bâtiment descendra à 7 m de profondeur et atteindra 4,5 m dans sa partie la plus haute. Il s’agira d’une structure béton portée par des piliers, vitrée dans ses parties extérieures. « On fait une dalle, des poteaux et des murs de soutènement et, à partir de cette économie constructive simple, on crée un mouvement spectaculaire », explique Jean-Christoph Rousseau, architecte chez Forma 6. Le toit, qui servira de dalle au parvis, sera traversé par une faille de 40 cm de largeur qui ouvrira un point de vue inédit sur les clochers de la cathédrale.

Chantier de fouilles permanentes.

Trois niveaux sont prévus sur 3 000 m2 : une mezzanine, une partie de plain-pied et, au fond, un chantier de fouilles. C’est là l’un des aspects très séduisants du projet. Ses concepteurs proposent en effet de mettre à jour les vestiges d’un forum gallo-romain découverts à cet endroit par les archéologues au début des années 1990 avant d’être à nouveau enfouis. Mieux, ces travaux de fouille pourront désormais reprendre et se poursuivre à l’abri du bâtiment, jusque dans les caves avoisinantes. Et les visiteurs pourront observer le chantier en train de progresser sous leurs yeux. « A ma connaissance cela n’existe nulle part au monde, sauf à Jérusalem », a commenté Michel Cantal-Dupart. A l’extérieur, quelques bâtiments sans intérêt seront détruits pour laisser plus d’espace au centre d’interprétation. D’autres seront au contraire ressuscités, comme la chapelle de l’ancien Hôtel-Dieu, aujourd’hui disparue, dont les colonnes seront remises en place.

Avec cette rénovation, le parvis devrait devenir plus convivial qu’aujourd’hui. « L’une de nos sources d’inspiration contemporaine a été l’opéra d’Oslo », où la dalle, en pente, est devenue l’un des lieux les plus fréquentés de la ville, précise Jean-Christoph Rousseau. Enfin, sur tout le pourtour de la cathédrale, soit une surface totale d’environ 2 ha correspondant à l’ancien cloître Notre-Dame, l’espace public sera remis en valeur par un nouveau dallage en pierre, une fois le centre d’interprétation achevé.

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