Territoires Avesnois

Un musée du Verre comme une évidence architecturale

Mots clés : Manifestations culturelles - Musées - galerie

Grand Prix de l’Académie internationale d’architecture en 2012 pour la réalisation du centre d’accueil du Pôle international de la préhistoire des Eyzies-de-Tayac (Dordogne), Raphaël Voinchet (W-Architectures, Toulouse) a une façon bien à lui d’exercer son métier : devant un projet, il fait toujours « un pas de côté ». C’était d’autant plus nécessaire à Sars-Poterie, bourg de 1 500 âmes, où la commande du département du Nord invitait à faire émerger un musée du Verre d’un des plus beaux paysages de la région, le parc naturel régional de l’Avesnois.

« Quelle histoire raconter ? s’interroge l’architecte. Il fallait éviter de gesticuler, ne pas verser dans la tendance du musée spectaculaire, respecter une certaine inertie, dessiner un bâtiment qui parle mais ne jacasse pas. » Trouver l’équilibre entre affirmation et effacement. Juste le nécessaire pour faire juste. Ce que nos confrères de la revue « Midi-Pyrénées Patrimoine » ont, dans un portrait consacré il y a quelques années à W-Architectures, joliment appelé « la politique du retrait », expression dans laquelle Raphaël Voinchet dit se retrouver parfaitement. A Sars-Poterie, la politique du retrait épouse les 7 m de dénivelé du terrain. « Le bâtiment rythmé en cinq volumes purs vient se poser le long des courbes de niveau calées sur le système bocager de l’Avesnois », explique le maître d’œuvre.

800 tonnes de pierre bleue.

Se posait ensuite la question des matériaux. « C’est très particulier de concevoir un musée du Verre, poursuit Raphaël Voinchet. Le verre, nous l’utilisons au quotidien. En même temps, l’écueil aurait été de faire un musée du Verre en verre ! Il fallait donner à deviner. Nous sommes donc repartis de la matière première du verre, la silice, pour aboutir au choix du matériau le plus noble de la région : la pierre bleue du Hainaut, qui, finement ciselée, donne une structure cristalline au bâti. » Pour constituer la vêture de 2 500 m2, il a fallu extraire pas moins de 800 t de pierre des carrières de Soignies (Belgique). Toutes ont été calepinées de manière très précise, découpées à la commande numérique et maçonnées dans les règles de l’art (gros œuvre : Tommasini Construction). Malgré ces exigences de qualité, le budget – 4,9 millions d’euros – a été respecté.

La visite débutera dès le jardin événementiel (terrassement, espaces verts : Jean Lefebvre). A partir du hall d’accueil, les visiteurs pourront accéder librement à une salle « coup de cœur », puis seront invités à effectuer un parcours en boucle (aménagement : Goppion) autour des espaces d’expositions temporaire et permanente, des modules de la création historique – présentant notamment les fameux « bousillés », des œuvres réalisées par les ouvriers – et de l’espace de création contemporaine (1 000 m2 au total).
L’expérience muséale sera en outre ponctuée de vues sur le paysage avesnois. Raphaël Voinchet confie « le plaisir décuplé » qu’il a pris à jouer avec cette lumière blanche, très peu contrastée, si caractéristique du Nord. Le résultat sonne comme une évidence, qui ferait un beau nominé à l’Equerre d’argent. L’inauguration, à l’automne, du musée du Verre de Sars-Poterie fera l’événement.

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