Technique et chantier

Un moyen de mécaniser la manutention

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Bâtiment. Les tâches pénibles telles que celle de porter des sacs de 35 kg ou d’évacuer les gravats d’un chantier peuvent être réduites en ayant recours à de petites machines de plus en plus perfectionnées : les transporteurs sur chenilles. Des modèles électriques arrivent sur le marché.

Construire, c’est porter ! Solidement ancrée dans la tête des entrepreneurs du bâtiment, cette idée justifie qu’un compagnon passe une partie de son temps à soulever des sacs de plâtre pesant 35 kg ou à évacuer des gravats parfois bien plus lourds. Cette tâche peut pourtant être mécanisée avec un petit matériel : le transporteur sur chenilles. « C’est un petit marché, de l’ordre d’un millier d’unités par an, dont plus de la moitié à destination des loueurs. Les ventes se maintiennent peu ou prou d’une année à l’autre, mais je ne perçois pas une augmentation sensible de la demande », constate Walter Baffioni, directeur commercial chez Imer France, pionnier dans la commercialisation de ce type d’engin. Benjamin Neu, chef de produit chez Honda France, confirme cette stagnation : « C’est un marché stable, qui vivote. » Pourtant, l’offre est vaste. En bas de la gamme, des brouettes à moteur qui se dirigent à l’aide d’un guidon. À l’autre bout, des machines à conducteur porté, acceptant 700 kg de charge utile et équipées d’accessoires hydrauliques. « C’est un investissement que les entrepreneurs du bâtiment ont du mal à consentir. Pour eux, ce n’est pas un matériel de production, et son coût est comparé à celui d’une simple brouette », regrette Walter Baffioni. Cette frilosité face à un achat jugé comme non essentiel explique également pourquoi la motorisation électrique n’a pas de succès, les acheteurs préférant rester sur une motorisation à essence, bien moins coûteuse. Pourtant, l’électrique a un énorme avantage : il permet de circuler à l’intérieur des bâtiments, sans risque d’intoxication par les gaz d’échappement. Imaginons : un immeuble en rénovation où les matériaux circulent d’un étage à l’autre à l’aide de ces petits transporteurs électriques. Tentant… et faisable. « Pour monter ou descendre des escaliers, il faut des matériels conçus pour cela. Vous n’y arriverez pas avec un transporteur sur chenilles classique. Le châssis, la forme des chenilles, les galets, l’équilibre général : tout doit être pensé en fonction des escaliers », souligne Laurent Chambelant, directeur commercial chez Electroman, qui commercialise une machine de ce type : l’Alitrak DC-Trak450. Franck David, gérant de la société Kavik qui importe un matériel concurrent − le Track-O −, ne dit pas autre chose. « Monter et descendre des escaliers avec une charge de 500 kg représente un enjeu élevé en termes de sécurité. Nos matériels sont très perfectionnés et n’ont rien de comparable avec les modèles d’entrée de gamme. » Radiocommande, batteries électriques haute performance, capteurs électroniques, on est effectivement loin de la brouette à moteur ! Le prix n’a rien à voir non plus. On parle ici de matériels coûtant 25 000 euros, voire davantage selon leur configuration, ce qui explique la typologie de leur clientèle actuelle : les grandes entreprises de travaux publics. Cependant, quelques PME découvrent ces matériels, pour peu qu’elles décrochent un contrat lié à la rénovation des stations du métro parisien. En effet, la RATP exige d’avoir recours à des moyens mécanisés pour franchir les escaliers de ses stations, et cela pour réduire la pénibilité tout en augmentant les cadences. Dans ce cas, pas le choix, il faut s’équiper, d’autant que les loueurs généralistes n’ont pas encore ce type de matériel au catalogue. « Ces machines récentes introduisent une rupture dans les méthodes de travail, comme le firent en leur temps les robots de démolition. Il faudra attendre plusieurs années avant qu’elles n’entrent au catalogue des loueurs généralistes. D’ici là, nous les louerons nous-mêmes », explique Franck David, persuadé que l’évacuation des gravats est une tâche qui va inéluctablement se mécaniser. Ce qui est plus que souhaitable !

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Quatre acteurs représentatifs

Imer

CA 2014 : 200 M €
Effectifs : 400salariés

Imer compte parmi les principaux fabricants italiens de matériels de chantier. Son catalogue est vaste, tant pour le bâtiment que pour les travaux publics. Le partenariat avec un fabricant japonais − IHI − lui permet de proposer une gamme de minipelles sous la marque Ihimer. Les transporteurs sur chenilles sont également issus de cette association.

Hinowa

CA 2014 : NC
Effectifs : NC

Hinowa est une entreprise italienne spécialisée dans les nacelles araignées et les transporteurs sur chenilles. Cette focalisation autour de produits de niche destinés à des marchés à faible volume fait d’Hinowa le fournisseur d’autres marques, tant pour ses nacelles que pour ses transporteurs. En France, Hinowa est importé sur tout le territoire par SER Distribution.

Movex

CA 2014 : NC
Effectifs : NC

Movex Innovation, basée au Québec, a vu le jour en 2002 autour de la conception et de la fabrication d’un chenillard électrique capable de circuler dans des escaliers. Ce Track-O est disponible en France depuis trois ans seulement via un importateur, Kavik, qui le commercialise ou le loue, soit lui-même, soit à travers un réseau de loueurs spécialisés, souvent tournés vers les métiers de la démolition.

Alitrak

CA 2014 : NC
Effectifs : NC

Alitrak est un fabricant italien de matériels électriques comme de petits tracteurs à guidage manuel et des transporteurs sur roues ou sur chenilles. Son modèle le plus performant est capable de circuler dans les escaliers. Ce châssis sert de base à la conception de matériels sur mesure que propose le représentant français de la marque, la société Electroman.

ENCADRE

900 unités par an

C’est une estimation du marché français des transporteurs sur chenilles. Le BTP représente la moitié des clients. Ils choisissent les gros modèles. Les petits matériels intéressent les entreprises de paysage et les agriculteurs.

ENCADRE

Carry 107 : au cœur du marché

Ihimer, le leader de ce type d’engin, propose le Carry 107, machine typique du cœur de marché : 700 kg de charge utile ; un moteur à essence Honda ou un moteur diesel Yanmar, couplés à un démarreur électrique ; le conducteur se tenant debout à l’arrière, sur un marchepied ; une vitesse d’avancement de 3 km/h ; et des pentes franchissables jusqu’à 20°. Plusieurs options permettent de l’adapter à ses besoins comme le remplacement de la benne par une bétonnière, autre spécialité du groupe italien qui croise ainsi deux favoris de son catalogue.

Produit : Carry 107Fabricant : Ihimer

ENCADRE

Les brouettes à guidon Honda

Honda propose des transporteurs sur chenilles qui se dirigent avec un guidon. Ce sont des engins simples, peu coûteux (4 000 à 6 000 euros selon les modèles), motorisés par un monocylindre à essence Honda : le fameux petit moteur quatre temps fabriqué par le japonais à des millions d’exemplaires. Ce type de matériel intéresse davantage les paysagistes, les viticulteurs, voire les particuliers, que les entrepreneurs du bâtiment. Peut-être est-ce la conséquence d’un réseau commercial tourné plus spécialement vers le jardinage et les espaces verts plutôt que le signe d’une inadéquation du produit aux métiers du BTP.

Modèle : HP 450 BE1Fabricant : Honda

ENCADRE

Voie variable chez Kubota

Le KC70-4 − le nouveau transporteur sur chenilles Kubota − est décliné en cinq versions, dont l’une à voie variable. Particulièrement étroit (758 mm), ce dernier se faufile partout, ce qui nuit quelque peu à sa stabilité. La voie variable permet d’écarter les chenilles jusqu’à 1 058 mm pour une meilleure assise, et de les rétracter quand nécessaire. À noter que Kubota a choisi une transmission hydrostatique, plus souple et plus précise qu’une transmission à chaîne, et a installé un système de refroidissement liquide du circuit hydraulique qui évite les surchauffes en cas d’utilisation intensive.

Produit : KC70-4Fabricant : Kubota

ENCADRE

Motorisation électrique chez Wacker Neuson

L’allemand Wacker Neuson se veut à la pointe de l’écologie avec des matériels non polluants. Minipelles et chargeuses articulées sont ainsi passées à l’électrique, les transporteurs sur chenilles ne pouvaient que suivre. C’est chose faite avec le DT10e qui, de ce fait, peut tout à fait circuler à l’intérieur des bâtiments, sans risque pour le personnel. Il recharge sur courant domestique 220 V ses batteries d’une puissance de 4 A qui ont une autonomie de trois heures et demie en fonctionnement continu. Si l’engin est utilisé par intermittence, il tiendra la journée. Sinon, il est conseillé d’acheter une batterie de remplacement car le temps de charge est de sept heures et demie.

Produit : DT10eFabricant : Wacker Neuson

ENCADRE

La sécurité avant tout avec le Trak-O

On entre dans le très haut de gamme avec le Trak-O, un matériel électrique conçu pour monter et descendre les escaliers. Il est radiocommandé pour permettre à l’opérateur de se tenir au loin, et des capteurs électroniques contribuent à sa stabilité. Il le faut car ce transporteur permet de monter ou de descendre des charges de 500 kg sur des pentes de 40°, ce qui exige une sécurité totale. Une évolution récente lui offre la possibilité d’adapter sa vitesse selon l’inclinaison. À plat, il roule à 4 km/h. En pente, il réduit automatiquement sa vitesse à 0,8 km/h. À noter que Kavik, son importateur français, fournit obligatoirement une formation aux utilisateurs de cet engin.

Produit : Track-OFabricant : Movex

ENCADRE

Les escaliers, terrain de prédilection du DCT450

Un train de chenilles conçu en conséquence, quatre batteries de 12 V, et voici le DCT450 prêt à gravir les étages. Electroman, son importateur français, veut en faire une plateforme multifonction et non plus un simple transporteur de bennes. C’est ainsi que ce matériel s’est déjà vu adjoindre une potence de levage, une cuve à enrobé calorifugée, différents types de berces, un bras de pelle, et même une balayeuse. Les applications peuvent être nombreuses. Imaginons par exemple ce qu’un installateur de chaudières pourrait faire avec un tel engin…

Produit : DCT450Fabricant : Alitrak

ENCADRE

Trois pompes dans le HS1102

Sorti en 2013, le minidumper HS1102 − 700 kg de charge utile et une largeur inférieure à 800 mm (758 mm, très exactement) pour passer par les embrasures de porte − d’Hinowa, spécialiste italien des transporteurs sur chenilles, tient la course avec son concurrent direct sur le marché, le Carry 107 d’Ihimer. Hinowa a opté pour une architecture hydraulique à trois pompes à engrenages : une pour chaque train de chenilles ; l’autre pour animer la benne et les éventuels accessoires comme un godet frontal d’autochargement.

Produit : HS1102Fabricant : Hinowa

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X