Enjeux Bois

Un matériau taillé pour grimper

Mots clés : Bois

Des immeubles en bois de moyenne et grande hauteur poussent partout en France. Objectif : entraîner dans leur sillage toute la filière.

Top départ. Le marathon des immeubles de moyenne et grande hauteur en bois est lancé. A Angers, Toulouse, Nancy, Grenoble, Le Havre… pas moins de 36 bâtiments pilotes en bois, de 6 à 17 étages, sortiront de terre dans les prochaines années. Parmi eux figurent les lauréats du concours Adivbois primés en septembre. Mais aussi d’autres projets, comme les deux tours de logements bordelaises Hypérion d’Eiffage et Silva de Kaufman & Broad (livraisons prévues en 2020). Ou encore, l’immeuble de bureaux Palazzo Méridia à Nice, la tour de logements de 10 étages à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) et l’îlot bois de 11 niveaux à Strasbourg. D’autres initia tives indépendantes pullulent, comme les immeubles tertiaires Opalia à Paris (qui viennent d’être livrés), Perspective à Bordeaux (qui sera livré sous peu) et Pulse (en construction) à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ou encore la résidence des Terrasses d’Aragon à Villejuif (Val-de-Marne)…

Au travers de ces bâtiments démonstrateurs défiant la hauteur, la filière souhaite booster la construction en bois. « Les tours sont un marché de niche. Ces prouesses techniques sont les formules 1 de la construction, le haut de gamme de la technologie », souligne Patrick Molinié du FCBA, l’institut technologique organisateur de Woodrise, le premier congrès international des bâtiments bois en hauteur qui s’est tenu en septembre. Chaque projet est un prototype, un bâtiment test qui exige beaucoup de technicité et de R & D. Aller plus haut, c’est prouver que la construction verticale bois n’est pas une aberration, c’est apporter la preuve de sa faisabilité et c’est rassurer les bailleurs, les collectivités, afin de conquérir le marché de masse que représentent les bâtiments de moyenne hauteur, de 3 à 8 étages (jusqu’à 28 m).

Là est tout l’enjeu. Car, « derrière ces initiatives, c’est de la massification de l’usage du bois qu’il est question », explique Frank Mathis, président d’Adivbois et de l’entreprise de construction spécialisée Mathis. Et c’est bien parti : le bois gagne des parts de marché. Dans le tertiaire public et privé, il était à 10,7 % l’an passé (voir tableau p. 15) . Pour les maisons individuelles, il oscille entre 8 et 10 % de parts de marché (9,1 % en 2016 avec 12 435 maisons). Seul bémol, le collectif. Le bois ne concerne que 4 % des logements collectifs construits (8 960 logements collectifs), ces derniers étant des bâtiments de plusieurs étages (de 2 à 4 étages en périurbain et 6 à 9 étages en urbain). Un créneau à conquérir, donc, avec un objectif : 8 % de part de marché, soufflent, à demi-mot, les acteurs du secteur. Un objectif « parfaitement atteignable » pour Frank Mathis.

Montrer patte verte. La liste des bâtiments résidentiels ou tertiaires de plusieurs étages en bois s’allonge en France. Même s’il n’existe pas de données précises, on estime à une cinquantaine le nombre d’immeubles en bois construits ces cinq dernières années. Cela traduit une nette inflexion, avec une belle accélération cette année. Pourquoi un tel engouement ? Parce que le bois est perçu comme le sésame de la ville durable bas carbone ! Matériau écologique, il a l’avantage de stocker du CO2 et d’être renouvelable. « Construire en bois, c’est décarboner un territoire en contribuant à la stratégie globale du bas...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5945 du 20/10/2017
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