Technique et chantier

Un marteau à frappe variable pour travaux souterrains

Mots clés : Industriels du BTP - Matériel - Equipement de chantier - Ouvrage d'art - Travaux publics

Génie civil. Dans le tunnel routier du Fréjus, sous les Alpes, Razel-Bec utilise deux pelles Liebherr modifiées, équipées de marteaux Montabert, le tout loué à Enco.

Le tunnel du Fréjus, en Savoie, relie la France et l’Italie. Sa mise aux normes imposait la réalisation d’une galerie de secours parallèle, vite transformée en une seconde voie de circulation pour faire de cet ouvrage de 13 km de long un véritable bitube. Le tunnelier est sorti, la seconde galerie est percée ; reste à creuser cinq stations techniques pour recevoir la machinerie, un abri et quatre by-pass, qui sont de petites galeries de liaison entre les deux tunnels qui permettront le passage de l’un à l’autre en cas de besoin. Ces percements se font en recourant à la méthode traditionnelle : foration, tir d’explosifs, purge de la zone minée, évacuation des déblais et confortement. Ce cycle permet à deux ateliers d’avancer de 3 m/j. Chacun compte une machine dédiée à la purge : il s’agit, dans les deux cas, d’une pelle Liebherr 924 Compact, équipée en configuration « tunnel ». « Nous nous sommes demandé s’il fallait les acheter mais, avec huit mois de travail sur ce chantier, nous ne les aurions pas amorties. Nous avons choisi de les louer », se souvient Mathias Tremolières, responsable matériel chez Razel-Bec. De telles machines ne se trouvent pas au coin de la rue. Enco, loueur de gros matériels, les avait, ou plutôt a accepté de les avoir… « On en a acheté une neuve. L’autre, nous l’avons trouvée d’occasion, avec 1 500 heures au compteur, et reconditionnée », explique le loueur qui compte sur d’autres chantiers pour amortir son investissement. Au bout de ces porteurs, deux marteaux Montabert V32. Ces accessoires de 1 500 kg ne fonctionnent pas avec une chambre à azote, comme les autres marteaux, mais tout hydrauliquement, ce qui permet de faire varier la fréquence et la force de la frappe en fonction de la résistance rencontrée. Cette frappe variable, spécifique à la marque française, rend l’outil plus performant. Ce n’est pas tout : ce marteau va frapper dans toutes les positions, parfois tête en bas, d’où le risque que de la poussière pénètre à l’intérieur. « Nous lui avons ajouté un joint antipoussière, et nous le mettons sous pression avec de l’air comprimé, comme s’il travaillait sous l’eau », détaille de fabricant. Enfin, les V32 disposent de leur propre circuit de graissage automatique, distinct de celui des pelles. Ces marteaux haut de gamme sont 60 % plus chers que les modèles basiques, mais ce surcoût est ici pleinement justifié : les ateliers travaillent en trois postes. Pas question qu’une avarie matériel vienne ralentir la cadence !

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