Architecture Technique Structure

Un kaléidoscope dans le ciel de Saclay

Mots clés : Technique de construction

Le défi de la construction de cette tour radar de 57 m de haut, destinée à Orly, réside dans l’assemblage de ses 432 éléments préfabriqués.

Le plateau de Saclay (Essonne), situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris, est en pleine mutation. Témoin de cette transformation urbanistique d’ampleur, une nouvelle tour radar y est actuellement érigée. Support d’un radar de guidage dont la mission est de réguler le trafic aérien de l’aéroport d’Orly, situé à quelques encablures de là, ce «phare», qui surplombera les futures constructions du quartier de l’Ecole polytechnique et la forêt avoisinante, sera «un repère qui signalera et orientera le futur ensemble urbain le long d’un mail [une large voie piétonne plantée, NDLR] qu’il ponctuera», indique Bernard Vaudeville, directeur associé du bureau d’études Tess.

« Version contemporaine d’une colonne monumentale, ouvragée, imposante et immatérielle », pour reprendre les termes de l’architecte Sylvia Griño, cet édifice épuré, composé de 308 claires-voies, consiste en un fût cylindrique de 57 m de haut pour 13,4 m de diamètre. L’ouvrage a été conçu avec un double objectif technico-architectural : il doit s’insérer au mieux dans son futur environnement urbain – via une forme simple -, tout en offrant une rigidité structurelle capable de résister aux vents les plus extrêmes. C’est ainsi que le choix du matériau de construction s’est naturellement porté sur le béton préfabriqué. « Il s’agit d’un véritable chantier de préfabrication demandant un assemblage rigoureux des 432 éléments, parmi lesquels 336 poteaux », précise Sylvia Griño. Et l’architecte d’ajouter : « L’agencement de ces poteaux – en quinconce sur toute la hauteur de l’édifice – et leur section variable – selon leur positionnement sur le périmètre du fût – confèrent à l’ouvrage sa transparence et son apparente légèreté, lui donnant en prime un effet kaléidoscopique : la perception de la tour se modifie en fonction de l’angle de vue. »

Jeu de construction.

A chaque niveau, le fût est constitué de 28 poteaux de 4,8 m de haut. Ces derniers sont encastrés en pied et en tête sur les poutres annulaires – selon le dispositif « Vierendeel » -, formant ainsi 12 travées superposées. La raideur de la tour est assurée par l’ensemble de ces encastrements – 666 au total. « C’est le principal défi technique du projet », avance Bernard Vaudeville. Un défi relevé par une « astuce » technique : un système d’ancrage Peikko. Six tiges boulonnées, fixées à intervalles réguliers dans chaque poutre annulaire, s’encastrent dans des parties femelles en pied de poteaux (voir photo et schéma ci-dessous). Un clavetage scelle définitivement les poteaux aux poutres sur 20 cm. En tête, en revanche, les poteaux sont dotés de tiges qui s’insèrent directement dans la poutre sus-jacente. D’ici à février, la tour radar de Saclay s’élèvera, tel un jeu de construction géant.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Direction des services de la navigation aérienne. Maîtrise d’ouvrage déléguée : Etablissement public Paris-Saclay. Architecte : Barthélémy & Griño. BET structure : Tess. Préfabricant : Techni Préfa. Entreprise : Rabot Dutilleul Construction. Coût : 4,4 M€.

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