[TO] Règles techniques Tertiaire

Un immeuble de bureaux taillé comme un galet

Mots clés : Acier - Lieux de travail - Verre

A Montpellier, le siège du promoteur Ametis adopte des formes courbes, y compris pour sa verrière toute hauteur. L’ensemble est enveloppé de lames d’acier constituant des brise-soleil.

Le futur siège de la société de promotion Ametis ignore la ligne droite. Posé au pied du château de Flaugergues, à l’entrée est de Montpellier, l’objet, qui sera complété par un bâtiment jumeau, ressemble à un galet. Ou à un haricot. Un empilement de plateaux disjoints aux formes ondulantes, enveloppé dans un cocon tissé de lames d’acier. « Je ne souhaitais pas rivaliser avec l’architecture très ordonnée du château de Flaugergues, explique François Fontès, architecte et président d’Ametis. J’ai préféré entrer en résonance avec la nature environnante et concevoir un objet un peu naturel qui s’inscrive dans le prolongement du parc. »

L’intérieur du bâtiment, fendu par un atrium, accueille neuf demi-plateaux décalés les uns par rapport aux autres, afin de créer un espace de travail ouvert. Pas de cloisons, mais quelques parois vitrées. Des meubles en bois, aux lignes sinueuses, servent à la fois d’éléments de rangement et de garde-corps, tout en assurant le cantonnement des fumées autour de l’atrium en cas d’incendie. Les planchers, au travers desquels s’élèveront des arbres, sont coulés sur des plaques de coffrage en OSB qui laissent leur empreinte sur les plafonds, gardés bruts. Ces dalles sont soutenues par seize poteaux en béton, judicieusement disposés pour assurer la reprise des charges verticales. « Il s’agissait d’embrocher l’ensemble des plateaux, aux surfaces inégales, avec le moins de poteaux possible tout en évitant les porte-à-faux trop importants, en limitant à neuf mètres la distance maximale entre deux poteaux et en tombant correctement dans le parking en sous-sol, note André Verdier, ingénieur structure. Cela faisait beaucoup de contraintes. Mais cette solution permettait de réaliser de manière relativement simple un projet complexe. » L’ensemble est stabilisé par trois noyaux en béton, l’un constitué par la cage d’ascenseur, les deux autres par des colonnes techniques.

Vitrages de 3 m de haut

L’enveloppe, facettée, est presque entièrement vitrée. Elle est constituée de vitrages de hauteur d’étage posés bord à bord (715 m²), en alternance avec des panneaux pleins en aluminium (195 m²). « Tous les éléments ont été réalisés à façon, à partir des métrés réels, pour épouser la forme du bâtiment, explique Eric Delpeyroux, président de la société Barsalou. L’une des difficultés a été de manipuler les vitrages, de trois mètres de haut et de plus de 300 kg. » Cette paroi vitrée est protégée du soleil par une seconde peau faite de lanières d’acier oscillantes, fixées sur des épines verticales, elles-mêmes accrochées aux nez de dalle.
Deux ouvrages singuliers interrompent les façades courantes, de part et d’autre de l’atrium. Côté est, le bâtiment est éclairé par une verrière toute hauteur de 120 m². Cette paroi vitrée, courbe dans les deux sens, à la manière d’une tranche d’orange, est faite d’un assemblage de vitrages triangulaires enchâssés dans une structure en acier. Côté ouest, la façade se courbe vers l’intérieur, comme les parois d’une grotte, pour donner accès à l’atrium. Le bâtiment jumeau, en cours de commercialisation, devrait être mis en chantier en 2015.

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Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ametis. Architecte : François Fontès. BET : André Verdier (structure), Envitherm (fluides), Artelia (OPC), Relief GE (VRD). Gros œuvre : LBA Construction. Menuiserie extérieure : Barsalou. Menuiseries intérieures : Chinappi. Bardage : Smac. Verrière : Bellapart. Habillage bois : Structures Bois-Couverture. Coût travaux : 6,6 millions d’euros HT. Surface utile : 1 775 m². Livraison : novembre 2014.

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Bardage - Une entrée creusée comme une grotte

Contrastant avec la transparence de la verrière, l’entrée du bâtiment est traitée avec des matériaux pleins. Tout un pan de la façade, revêtu d’écailles métalliques, s’incurve vers l’intérieur, depuis le niveau R + 3, comme les parois d’une grotte. « Le visiteur aura le sentiment de pénétrer dans un cocon, explique l’architecte, François Fontès. Il y aura là un côté un peu mystérieux, comme un retour à l’intimité utérine. » L’entreprise Structures Bois-Couverture, chargée de cette réalisation, a imaginé une succession de portiques en bois massif, assemblés par des goussets en contreplaqué. Cette structure autoportante, accrochée aux nez de dalle, est revêtue d’un voligeage en sapin sur lequel sont agrafées des écailles en aluminium thermolaqué. « L’ouvrage est courbe en plan, courbe en élévation et gauche, observe Eric Lecomte, P-DG. C’est le principe d’une coque de bateau, mais en plus compliqué. Les voliges, toutes différentes, ont dû être débillardées une à une. Il a également fallu définir la forme et le système de fixation des écailles, afin de garantir l’étanchéité de l’ouvrage. »

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Structure métallique - Une verrière à double courbure de 120 m²

La verrière (120 m²) qui éclaire l’atrium central se déploie sur toute la hauteur du bâtiment (14,40 m). Présentant une double courbure, elle est composée de 80 panneaux vitrés triangulaires, posés sur une structure porteuse en acier. L’ouvrage, qui a fait l’objet d’un avis de chantier, est une adaptation du système « Bubble », conçu par l’entreprise catalane Bellapart. L’ossature est constituée de profilés tubulaires en acier atteignant 2,15 m de long, qui transfèrent les efforts à des nœuds. Chaque nœud reçoit six barres. « Chaque barre est découpée selon un angle précis en fonction de la géométrie de l’ouvrage, explique Jean-François Portal, directeur de Bellapart France. Elle est ensuite fermée à son extrémité par un plat soudé qui reçoit une tige filetée, puis connectée au nœud par boulonnage depuis l’intérieur du nœud. Les barres et les nœuds sont tous différents. » Les 80 panneaux vitrés sont clamés depuis l’extérieur sur des profilés en aluminium, eux-mêmes vissés sur la structure porteuse.

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Brise-soleil - Des lanières découpées au laser

Un bardage en lames d’acier fait office de brise-soleil et de parement décoratif tout en donnant sa forme au bâtiment. Ces lames, de largeur variable (30 à 75 cm), surnommées « tagliatelles », oscillent et se chevauchent de manière apparemment aléatoire sur toute la hauteur de la façade. Découpées au laser, elles sont fixées, par tronçons de 4 à 6 m, sur 70 épines verticales en acier, elles aussi découpées au laser et accrochées aux nez de dalle par des pattes de longueur variable. « La première difficulté a été de mettre en forme le dessin de François Fontès, explique Stéphane Ruffinoni, chef d’exploitation chez Smac Toulouse. Nous avons modélisé le bâtiment en 3D, sur la base de vues 2D, avec le logiciel Rhinoceros, puis calculé les épines et les lames à l’aide d’un programme spécifique sous Grasshopper (module de programmation graphique sous Rhinoceros). Des allers-retours permanents ont eu lieu avec l’architecte pendant quatre à cinq mois. Il a fallu définir le système de fixation, puis faire évoluer la largeur et l’oscillation des plats, afin d’optimiser les apports lumineux en fonction des espaces à éclairer, tout en respectant le projet architectural. »

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