Architecture Technique Bureaux

Un immeuble bourdonnant d’activité

Mots clés : Aménagement paysager

Manifeste pour l’écoquartier dijonnais Heudelet 26, le siège de deux associations environnementales affiche une façade tapissée de nichoirs à insectes.

Densité urbaine et respect de l’environnement sont les deux principaux objectifs que Dijon (Côte-d’Or) s’est fixés pour son premier écoquartier, Heudelet 26, où habitat et tertiaire ont commencé à coexister. Et la Bourdonnerie, l’immeuble que les architectes dijonnais d’Atelier Calc viennent d’y achever – pour accueillir deux associations environnementales, Réserves naturelles de France (RNF) et Alterre Bourgogne – satisfait de manière originale ces deux critères. Ce bâtiment offre aussi à ses usagers divers dispositifs destinés à faciliter le travail en équipe.

Alterre Bourgogne et RNF ont choisi de s’installer dans l’écoquartier naissant en raison de sa proximité avec le centre-ville, sur une parcelle très contrainte – 269 m2 entièrement constructibles – dans l’immeuble qu’allait leur bâtir la SEM d’aménagement de l’agglomération dijonnaise (Semaad), par ailleurs aménageur du nouveau quartier. Outre l’exiguïté de la parcelle, le parti architectural était dicté par l’arrivée prévue de logements en mitoyenneté, au nord et à l’est, ainsi que par l’étroitesse de la future venelle piétonne à l’ouest. Sur ce côté, Atelier Calc a joué sur son habillage pour affirmer l’édifice. Alors qu’au sud, où une voie plus large allait donner un meilleur recul, il a travaillé sur la silhouette entière de la construction. Une série de déhanchements l’anime ainsi, faite de retraits successifs mais aussi de débords au-dessus de l’espace public. De la sorte est atteint le maximum de mètres carrés constructibles : objectif densité rempli !

Hôtel à insectes.

Quant au travail d’habillage en façade ouest, il prend un tour spectaculaire, puisqu’un « hôtel à insectes » recouvre les deux premiers étages. Insérés dans une structure bois-acier, des casiers massifs – eux-mêmes en bois – se répartissent de façon aléatoire. Leurs remplissages – bûches percées, branchages, roseaux ou tuiles superposées – visent à attirer une diversité d’espèces pollinisatrices, abeilles solitaires en tête, afin qu’elles s’y reproduisent. Etudiée avec des entomologistes, l’installation forme une mini-réserve naturelle, manifestation des objectifs de développement durable poursuivis par le quartier et des deux associations. Proclamation environnementale, l’hôtel à insectes acquiert d’autant plus de force plastique que ses travées sont disposées obliquement, dans une construction pour le reste orthogonale.

Au-dedans, les dispositifs visant au travail en équipe ou aux échanges informels s’organisent à l’échelle de chaque association, ou bien sur un mode partagé. En plus de l’escalier général, dont la qualité d’éclairage naturel vise à éviter le recours à l’ascenseur, deux escaliers intérieurs établissent des relations privilégiées au sein de chaque association, l’un entre R + 1 et R + 2 pour RNF, l’autre entre R + 3 et R + 4 pour Alterre. Leur générosité est manifeste : vue sur les bureaux, l’hôtel à insectes ou la ville, paliers plus larges qu’à l’accoutumée. Le dernier étage (terrasse, salles de réunion, de repas, de repos, cuisine, etc.) est entièrement mutualisé entre les deux structures.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Semaad. Acquéreurs-utilisateurs : RNF, Alterre Bourgogne. Maîtrise d’œuvre : Atelier Calc, architectes. BET : BE Clément (structure), CSI (chauffage, thermique, plomberie), Cessot (électricité). Entreprises : EDB (gros œuvre), Richard (menuiseries hôtel à insectes), Chevaux (serrurerie, métallerie). Surface utile : 1 070 m2. Coût de construction : 1,762 M€ HT.

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