Architecture Habitat

Un havre de paix à la Chapelle

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Dessin - Établissements de culte, funéraire - Logement social

A Paris, dans le XVIIIe, une opération de 24 logements sociaux mise sur un bâti épuré pour créer un cadre de vie serein.

La rue de la Chapelle, à Paris (XVIIIe ), est un patchwork d’architectures de siècles différents. Au numéro 40, cohabitent un pavillon datant du XVIIIe siècle, un immeuble du XIXe et, désormais, un édifice du XXIe. L’architecte Frédéric El Bekkay a réhabilité les deux premiers et construit le troisième pour y accueillir 24 logements sociaux, inaugurés par Paris Habitat en juin 2016. Le nouveau bâtiment, implanté en cœur d’îlot, s’inspire de l’existant par sa volumétrie ciselée et ses toitures à deux pentes. Mais il s’en distingue nettement par sa couleur blanche et son bardage en tôle ondulée qui recouvre les façades et le toit. « Seule la lumière du jour vient donner du relief à cette architecture minimaliste, souligne Frédéric El Bekkay. Le minimalisme, la simplicité des formes et le blanc permettent l’effacement architectural. » Les aspérités telles que les chéneaux et les descentes d’eau pluviale ont été gommées pour laisser les angles vifs. Discrétion aussi pour les volets en tôle lisse qui coulissent sur des rails fixés en léger débord de façade. Quant aux garde-corps vitrés des balcons, ils disparaissent presque de la vue du salon au profit du paysage. L’architecte a souhaité bâtir « un havre de paix, lumineux et apaisant ». Le fond de la parcelle est occupé par un jardin de 830 m², vestige d’une époque révolue où cette terre était maraîchère. Aujourd’hui espace vert protégé, il a été redessiné par l’agence Après la pluie. « Le terrain naturel a été conservé au maximum et les plantes ont été installées en pleine terre », indique la paysagiste Anne-Sophie Verriest.

Jardin d’Eden. Les locataires accèdent au jardin par une cour pavée, le long d’une allée en sol stabilisé, puis d’escaliers en bois et de chemins enherbés. Fleurs odorantes et herbes aromatiques rivalisent de parfums dans ce petit éden de verdure où poussent également pommier, poirier, fraisiers et houblon. L’association Ecobox et le collectif Jardin d’Alice, déjà présents avant les travaux, continueront d’animer environ 300 m² de cette parcelle végétale, ouverte au public. Pour guider les résidents et les visiteurs vers le jardin, une fresque a été peinte sur les murs en béton du rez-de-chaussée sur cour. Elle a été réalisée par Er-ris Huigens et Gysbert Zijlstra, duo d’artistes basé à Amsterdam (Pays-Bas) et connu sous le nom de Graphic Surgery. Leur œuvre se compose de lignes blanches obliques qui reprennent la largeur des châssis de fenêtres (11 cm). « Cette intervention donne une dynamique au bâtiment et au site », apprécie l’architecte Frédéric El Bekkay. Une dernière couche de peinture et d’histoire avant la suivante…

Maîtrise d’ouvrage :Paris Habitat. Maîtrise d’œuvre : Fred El Bekkay Architecte ; Après la Pluie, paysagiste ; Graphic Surgery, artistes. BET : PEI (structure), Atelux (fluides), AB Environnement (HQE), VPEAS (économiste), Point d’Orgue (acousticien).

Entreprise générale : EBPS. Surface de plancher : 1 880 m².

Coût de l’opération : 4,9 millions d’euros HT.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Vous êtes intéressé par le thème Règles techniques ?
  • Découvrez les Cahiers Techniques du Bâtiment
    Le magazine qui traite des innovations produits, des évolutions techniques et de l’actualité règlementaire dans tous les corps d’états.
    Voir le site

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X