Territoires Rouen

Un gigantesque Meccano à Notre-Dame

L’entreprise Tubesca-Comabi a mis en place le premier étage de l’échafaudage qui va permettre d’amorcer la restauration de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Le leader français des solutions d’accès et de travail en hauteur (74 millions d’euros de CA en 2015 et 320 collaborateurs) et l’entreprise Lanfry, spécialiste du patrimoine, ont répondu en groupement à ce marché exceptionnel. Rappelons que Georges Lanfry, qui racheta la société Baron en 1921, est considéré comme le « sauveur » de la cathédrale de Rouen, pour avoir d’abord pris soin d’étayer l’édifice en prévision des bombardements puis amorcé sa restauration après la Guerre sans attendre les subsides de l’Etat.

Culminant à 152 m, la flèche de Notre-Dame de Rouen fait de cette cathédrale l’une des plus hautes d’Europe avec celle de Cologne. Sa restauration consiste en la rénovation des deux matériaux qui la composent : le Corten et la fonte. « Mais l’échafaudage est la plus grosse partie du chantier », explique Jean-Baptiste Spinicci, directeur des ventes chez Tubesca-Comabi. C’est en effet celui-ci qui va permettre à Lanfry d’établir un diagnostic précis des travaux à réaliser. Tubesca-Comabi se charge de la partie échafaudage de pied suspendu, Lanfry des échafaudages qui seront installés à l’extérieur et à l’intérieur de la flèche.

L’art de l’assemblage.

L’architecture complexe et asymétrique de l’ouvrage, avec de nombreux éléments en excroissance de type gargouille, impose, bien sûr, une installation sur mesure, d’autant qu’aucun appui n’est autorisé sur la toiture des nefs ou de la croisée. Le matériau utilisé par Tubesca-Comabi est néanmoins un produit standard de la maison : le multidirectionnel M368 en 8 positions. C’est l’assemblage qui fait la valeur ajoutée. « Vous pouvez faire tous les calculs possibles en bureau d’études, sur ce type de monument, vous aurez toujours droit à votre lot de surprises en cours de montage, explique Erwan Thomas, chargé d’affaires chez Tubesca-Comabi. C’est alors à l’homme et non plus à l’ordinateur de trouver dans l’instant la solution au problème qui se pose à lui. »

Maître d’ouvrage de ce chantier de 14 millions d’euros, la Drac de Normandie a programmé celui-ci sur sept ans. Le Meccano suivra donc ce tempo : il se déroulera en sept phases, un système de platelages installés tous les 20 m permettant d’élever progressivement la structure. Compter environ un mois et demi pour « monter un étage » avec une équipe de quatre hommes. A ce jour, un premier platelage a été mis en place à 38 m de hauteur, l’échafaudage grimpant quant à lui jusqu’à 55 m. Accessible par ascenseur, cette première base offre une surface de 130 m2 servant pour le stockage de marchandises. Sur les phases 3 à 6, l’échafaudage sera totalement bâché afin de protéger les plombages. La récolte des eaux de nettoyage est prévue : un système étanche d’évacuation des eaux usées longera la flèche de son point culminant jusqu’au sol. La septième et dernière phase sera consacrée au démontage.

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