architecture Bordeaux

Un galet blanc au bord de la Garonne

Mots clés : Béton

Posée sur les quais de Floirac, la coque innovante de l’Arena se distingue par sa double courbure et son béton à la formulation sur mesure.

En dix mois de gros œuvre, la salle de spectacle Bordeaux Métropole Arena s’est érigée en bord de Garonne, au débouché du futur pont Jean-Jacques Bosc. Les équipes de Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest, mandataire du groupement conception- réalisation, s’attellent actuellement à l’installation de la charpente métallique avant la mise hors d’eau et hors d’air du site qui pourra accueillir, dès janvier prochain, jusqu’à 11 000 personnes.

Depuis la fin du gros œuvre, en avril, le rendu souhaité par l’architecte Rudy Ricciotti est bien visible : un galet de matière brute, en l’occurrence du béton blanc. Une performance technique pour le groupe LafargeHolcim, fournisseur du béton, dont le directeur régional concède avoir démarré le chantier avec une pointe de stress. « Six mois de travail ont été nécessaires pour trouver la bonne formule.

20 configurations pour accueillir spectacles et événements sportifs.

Produit à proximité, à Villenave-d’Ornon et Lormont (Gironde), le béton est composé d’un ciment blanc CEM I 52.5 N provenant de la cimenterie du Teil en Ardèche. Nous avons exigé une luminance précise, obtenue par l’utilisation de fillers calcaires parmi les plus clairs possibles, produits par la société Omya à Saint-Césaire (Charente-Maritime), et de sable clair venant de Lafarge Granulats dans le Lot-et-Garonne. Nous avons donné un cahier des charges à tous nos fournisseurs pour avoir la même qualité de béton durant toute la durée du chantier », précise Noël Lefloch, directeur général de Lafarge Bétons Aquitaine.

Des épreuves d’étude et de convenance ont ensuite été réalisées. Testé à 10 °C, 20 °C et 30 °C, le béton ainsi produit présente un retrait inférieur de 30 % par rapport à une formulation classique. « Nous avons même chauffé le béton l’hiver pour maintenir la qualité et conserver le même temps de pose », ajoute Noël Lefloch. Conserver une qualité identique sur une période de dix mois a présenté un véritable défi pour le bétonnier. La coque de 7 600 m² a ainsi pu être coulée avec seulement cinq joints de dilatation.

14 000 m3 de béton, dont 3 000 pour la coque.

Retenir un bâtiment qui se déverse. L’autre singularité du bâtiment est sa forme arrondie. Il présente une double courbe, horizontale et verticale, qui repose sur un socle de béton et de verre, dédié à l’accueil du public. La coque est comme en suspension. « Pour parvenir à cette forme, gérer le retrait et la mise en œuvre du béton, la coque du bâtiment a été décomposée en cinq levées différentes, précise Cyril Hivert, responsable gros œuvre et clos couvert chez Bouygues Bâtiment Centre SudOuest. Elles ont ensuite été recoupées par plots de 10 m pour donner des surfaces comprises entre 50 et 70 m². »

82 m de longueur pour la poutre principale de la charpente métallique.

La réalisation du bâtiment a nécessité l’utilisation de banches (moules) fabriquées spécifiquement pour le chantier ; on en dénombre 51 types différents, dont certains n’ont été utilisés qu’une seule fois. « La coque a tendance à se déverser vers l’extérieur, explique le responsable. Il a donc fallu trouver une technique pour “ tenir ” la structure : c’est le rôle joué par les 4 km de gradins, les planchers, ainsi que certaines poutres de la charpente. » Ces éléments servent de tirants.

A l’intérieur, la réalisation de la salle s’est apparentée à un travail d’orfèvre. Pour éviter les mauvaises surprises, le recours à la maquette numérique a été essentiel. « Nous avons vu tout de suite ce qui ne fonctionnait pas. Cela nous a notamment permis de mieux appréhender le nombre et la forme des escaliers, ou d’éviter que des éléments se chevauchent », indique Cyril Hivert. Même les échafaudages ont été numérisés en 3D afin de s’adapter à tous les corps de métiers sans phase de montage-démontage. « Le délai imparti nous a obligés à être plus imaginatifs », conclut le responsable.

Groupement construction-réalisation-exploitation : Lagardère Live Entertainment (exploitant), Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest (mandataire) et Agence Rudy Ricciotti (architecte). Durée des travaux : 21 mois. Montant du marché : 61 millions d’euros HT pour le groupement, dont 56 millions d’euros HT de travaux.

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