[TO] Règles techniques Route

Un enduit superficiel pour chaussées à fort trafic

Mots clés : Chaussée - Enduit et colles - Produits et matériaux - Réseau routier

Les enduits superficiels d’usure (ESU) sont bien connus des gestionnaires routiers qui les affectionnent pour l’entretien de la couche de roulement : pour un coût modéré, au prix de quelques désagréments de confort pour l’usager (roulage, bruit) et pour le gestionnaire (gravillons emportés par les lames des chasse-neige lors de l’entretien hivernal par exemple), ils permettent de refaire durablement l’étanchéité du revêtement tout en lui redonnant de l’adhérence. Jusqu’ici, les ESU étaient réservés à des voies à trafic faible ou modéré (jusqu’à T3). Les équipes du Campus scientifique et technique (CST) de Colas ont réussi à étendre leur domaine d’application aux voies à trafic élevé, T1, voire T0 , et à fortes contraintes géographiques (altitude, mauvaise exposition, zone humide…). « Nous avons développé de nouvelles formules d’émulsions fortement modifiées répondant aux classes de performances les plus élevées des normes », explique Christine Deneuvillers, directrice technique, en charge des laboratoires du CST. La cohésion interne de l’émulsion, soit sa capacité finale à bien coller le granulat, a pu être augmentée grâce à un savant dosage des polymères constituant les émulsions modifiées. « Nous avons réussi à vaincre les deux principaux effets néfastes des polymères dans les émulsions, à savoir la faible viscosité du liant et la formation d’une peau en surface qui fait que la rupture de l’émulsion ne se fait plus à cœur », détaille Christine Deneuvillers.

Chantiers expérimentaux

Une fois les tests en laboratoire et la méthodologie validés, cet ESU à haute performance a pu être mis en œuvre en 2012 avec confiance sur deux chantiers expérimentaux à trafic T2 sur des routes départementales du Cantal et du Puy-de-Dôme. Malgré les fortes chaleurs de l’été 2012, « aucune dégradation n’a été observée », se félicite Patrick Andraud, directeur technique, en charge du développement et des industries de Colas RAA. Forte de ces succès, l’entreprise a ensuite proposé et mis en œuvre sa solution en variante à l’été 2013 sur un marché classique sur une section de route nationale de 800 m de long dans le Cantal, à 1 000 m d’altitude et avec un trafic T1. « La chaussée a très bien résisté à l’hiver, se réjouit Patrick Andraud, mais un jugement plus définitif et plus sûr pourra être porté à la fin de l’été. »
En attendant, la prochaine étape de mise en œuvre de ces procédés innovants, commercialisés sous les noms de Neocol Sy (émulsion) et Emulcol Sy (process d’application) pourrait être de franchir la barrière autoroutière. Christine Deneuvillers indique y travailler, en associant notamment à l’enduit un coulis de bitume qui viendrait définitivement sceller les granulats.

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