Design

Un éclectisme réjouissant Salon de Milan

Mots clés : Bâtiments d’exposition

Avec un nombre toujours exponentiel d’expositions fédérées par le Fuorisalone, une fréquentation en hausse à la foire de Rho (372 151 visiteurs selon Cosmit) et une sélection fraîche et innovante, la 55e édition du Salon du meuble de Milan qui s’est déroulée du 12 au 17 avril était un très bon millésime. Prosecco !

Pour les chauffeurs de taxi qui le vénèrent, il s’agit de « il Mobile », mais pour tous les amateurs de design qui convergent chaque année à Milan mi-avril pour la grand-messe du design, c’est « il Salone » (1). Ce glissement sémantique indique la dimension « style de vie » prise par cette manifestation séduisant désormais un public élargi. D’où, d’ailleurs, la présence accrue des marques de mode, de luxe ou de nouvelles technologies sponsorisant de multiples installations en ville : Sou Foujimoto et COS, Formafantasma et Lexus, ou Nike avec, entre autres, Max Lamb et Greg Lynn. Prenant ses distances avec ce brouhaha marketing ambiant, le Palazzo Litta s’est, pour la deuxième année consécutive, mué en hub de design prospectif. À l’invitation de la revue DAMN, Diébédo Francis Kéré a construit un courtyard village en dalles de pierre de Il Casone. Destiné à accueillir débats et conférences pendant la durée du salon, ce lieu de rassemblement villageois transposé en pleine Lombardie devrait être remonté dans les mois à venir au Burkina Faso. À l’étage, les superbes volumes baroques des pièces ont offert un cadre idéal à la thématique « A Matter of Perception. Tradition & Technology » avec, notamment, trois prototypes de luminaires s’appuyant sur les technologies les plus innovantes : la lampe Candela de Francesco Gomez Paz pour Astep transformant l’énergie produite par une flamme (alimentée par du bioéthanol) en alimentation pour éclairage led avec un port USB sur le socle ; le lustre Porcupine imprimé en 3D d’Ilkka Suppanen et la lampe de bureau Drill en basalte extrudé de Levi Dethier et Sarha Duquesne (LeviSarha). À quelques rues de là, la délocalisation temporaire du très sérieux Museo della Merda a Castelbosco a permis de découvrir des dalles de sol et jarres façon terracotta toscane, mais réalisées en « merdacotta », un nouveau matériau dûment breveté, constitué de 80 % de bouse de vache recyclée et de 20 % d’argile. Brillant projet.

Est-ce l’onde de choc de la thématique de l’Exposition universelle de l’an dernier – Nourrir la planète...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 252 du 30/06/2016
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