Architecture Bureaux

Un drapé de verre, symbole d’une ville en mutation

A Bagneux, un immeuble tertiaire donne une nouvelle urbanité à l’axe de la départementale.

Partant de la porte d’Orléans en direction du sud francilien, la départementale 920 – ex-nationale 20 pour camionneurs et vacanciers de l’ère pré-autoroutière – a amorcé sa métamorphose dans la dynamique du Grand Paris. La future métropole est en effet en train de faire de ses tristes entrées-sorties de ville, et de leur cortège de commerces périurbains ornés de grands panneaux publicitaires, des « avenues urbaines » végétalisées, où piétons et cyclistes ont droit de cité. Au niveau de Bagneux (Hauts-de-Seine), rompant soudainement la séquence paysagère Mondial Moquette-Speedy-Cora-Total, un nouvel immeuble de bureaux conçu par l’agence Scau vient signaler cette opération de requalification de tout un axe routier, mais aussi la naissance de l’écoquartier Victor-Hugo qui sort de terre à l’arrière.

Par sa forme festonnée, l’édifice parvient à redonner vie à son environnement immédiat ; par sa façade vitrée, il s’ouvre largement sur le paysage de la départementale à quatre voies, tout en offrant des espaces de travail qui permettent de s’y soustraire.

Le volume est enveloppé d’une double peau de panneaux vitrés qui fait office de tampon thermique. Posés en recouvrement pour former une multitude d’écailles, ces panneaux parviennent à briser l’image lisse et anonyme du mur-rideau traditionnel. En effet, de format vertical et équipé d’un épais châssis, le module réinterprète la fenêtre haussmannienne, donnant à l’édifice une dimension domestique.

Microjardins en continuité des trottoirs. Outre l’optimisation du linéaire de façade dans un volume compact, l’ondulation du bâtiment permet de mettre en place un dispositif d’interconnexions entre la ville et l’univers du bureau. Dans les parties concaves, en retrait par rapport à la rue, c’est l’environnement extérieur qui s’invite en profondeur des plateaux. A l’inverse, dans les parties convexes, c’est l’espace de travail qui s’avance en balcon sur la ville. Au-rez-de-chaussée, ce jeu de courbes et de contre-courbes donne lieu à l’aménagement de microjardins en continuité des trottoirs, et de la trame verte qui structure le nouvel écoquartier. A l’intérieur, chaque plateau dessine une série de grandes alcôves de forme courbe, ouvertes sur la circulation centrale et librement aménageables : open space aux proportions d’un grand salon, ou bien bureaux cloisonnés – les 135 cm de largeur des panneaux de façade correspondant à la trame standard tertiaire. « La forme du bâtiment génère sur les plateaux des variations de lumière naturelle et de profondeur de l’espace qui donnent aux utilisateurs un sentiment de grande liberté de déambulation, loin de l’univers orthonormé du bureau », soulignent Luc Delamain et Maxime Barbier, architectes de l’agence Scau.

Pas question pour autant de renoncer à la rentabilité au bénéfice de la rêverie : « De nombreux sièges sociaux et back-office d’entreprises cherchent à s’implanter en première couronne parisienne. C’est pourquoi il nous fallait optimiser le nombre de postes de travail tout en offrant le confort souhaité. Ainsi avons nous renforcé l’équipement en chauffage-ventilation- climatisation (CVC) », explique Yann Le Gall, directeur général adjoint pôle bureau de Codic, maître d’ouvrage de l’opération.

Maîtrise d’ouvrage : Codic. Maîtrise d’œuvre : Scau Architectes ; Builders & Partner (maître d’œuvre d’exécution). BET : TPF. I (structure), Inex (fluides), Arcora (façades), Spooms (restauration), Peutz (acoustique), Fondasol (sol). Entreprise générale : Eiffage Construction. Surface : 25 000 m2 Shon. Montant des travaux : 41,5 M€ HT.

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