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Un défi pour l’habitat à bas coût : loger et réinsérer les plus démunis

Comment faire face à la précarité et à la pénurie de logements à bas prix ? La réponse à cette question renvoie d’abord à la loi Besson de mai 1990, texte refondateur dont l’article 1erest explicite : « Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’existence, a droit à une aide de la collectivité (…) pour accéder à un logement décent ou indépendant, ou s’y maintenir. » On lui doit la création, quatre ans plus tard, de la « résidence sociale », logement-foyer destiné à ceux qui ne peuvent accéder au logement locatif social ordinaire. Et contrairement à ce dernier, maîtrise d’ouvrage et gestion de cet outil d’insertion ne sont pas forcément assurés par les mêmes organismes, d’où le qualificatif de « logement accompagné ».

Peu après après sa naissance, la résidence sociale a bénéficié du Plan de traitement des foyers de travailleurs migrants (FTM) engagé par l’État. Sur les 690 foyers répertoriés, près de 60 % sont aujourd’hui traités et 9 %, démolis ou réaffectés. Cette transformation s’est traduit par la création de 64 000 logements,T1 et T2.

La seconde jeunesse des foyers

Dans la France d’après-guerre, l’État planificateur a bâti du « volume » en béton à faible loyer, à destination des travailleurs migrants célibataires. Au milieu des années 1990, certains de ces foyers étaient en proie à la sur-occupation et au communautarisme tandis que nombre de travailleurs migrants avaient vieilli sans repartir dans leur pays d’origine et allaient être confrontés aux risques de dépendance. La population de ces foyers s’était également diversifiée avec l’arrivée de Français en quête d’un logement temporaire. Dans ce contexte, quelle mixité favoriser à terme ? En 1996, le constat alarmant du rapport du député (RPR) Henri Cuq, « La situation et le devenir des foyers », a déclenché un changement de politique. Avec la « banalisation du logement » et la « généralisation du droit commun » comme mots d’ordre,les pouvoirs publics ont programmé la transformation progressive en « résidences sociales » de ce parc de foyers construit durant les Trente Glorieuses. À l’époque, une barre de R + 4 à structure poteaux-poutres comptait des 6-pièces dont les chambres étaient divisées en deux pour obtenir des minicellules de 4,5 m2. L’idée était de pouvoir retrouver un immeuble de logements familiaux à la fermeture du foyer. Au tournant des années 1970, devant l’importance du flux migratoire, les pouvoirs publics ont développé le programme du « foyer-hôtel » dont les unités de vie et les chambres sont plus grandes. Réalisés à partir d’une structure à refends porteurs, ces gros bâtiments, barres et tours pour l’essentiel, ont présenté des capacités d’accueil dépassant les 300 chambres pour certains d’entre eux.

Les années 1980 ont marqué l’ère de la réhabilitation et du décloisonnement en conservant le principe des unités de vie. En 1997 est lancé le Plan de traitement des FTM avec ses restructurations lourdes et ses opérations de démolition-reconstruction, qui ont représenté un budget de 1,8 milliard d’euros. Dans son rapport de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 244 du 16/09/2015
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