Architecture Technique Géotechnique

Un « corail » pour lutter contre l’érosion du littoral

Mots clés : Béton - Géotechnique

Un dispositif, basé sur une réaction électrochimique, permet à la mer de créer elle-même un « béton naturel ».

De par sa situation géographique, et l’existence de ses territoires et départements d’outre-mer, la France est l’un des pays les plus concernés par l’érosion du littoral. Phénomène naturel, aggravé par le réchauffement climatique et, corollaire obligé, par la dilatation des océans et des mers, il se traduit notamment par le rétrécissement des plages, le recul des dunes, l’érosion des falaises et l’affaissement des digues. Cette érosion, combinée à l’urbanisation du littoral, met en danger les infrastructures, les bâtiments et les personnes. C’est pour parer à ce problème que la société Géocorail a conçu une solution originale.

Dénommée Géocorail, cette solution se veut une alternative aux méthodes traditionnelles de lutte contre le recul des traits de côte comme, par exemple, la construction de digues et d’épis, le rechargement des plages en sable ou encore la consolidation des falaises. Ces opérations nécessitent généralement des moyens importants et s’avèrent coûteuses – a fortiori dans le contexte économique actuel -, rarement esthétiques et bien souvent temporaires. C’est pourquoi, la société, basée à Marseille, a mis au point une technique, économique et écologique, « grâce à laquelle la mer fabrique naturellement une concrétion rocheuse destinée à renforcer les sols ainsi que les ouvrages maritimes naturels et artificiels, précise Philippe Andréani, directeur général de Géocorail. Notre solution est également efficace pour lutter contre les phénomènes d’affouillement. »

« Béton naturel ».

Le principe ? Un support cathodique est enfoui, sous l’eau, dans le sol de la zone à consolider ou au pied de l’ouvrage maritime. Il est relié par des câbles électriques à un générateur de courant de très faible intensité, lequel est connecté à une anode pour compléter le dispositif. Le phénomène d’électrolyse qui se produit alors, entre le support cathodique et l’anode, permet au calcium et au magnésium présents dans le milieu marin de précipiter autour du support cathodique. Résultat : « il se forme un “béton naturel”, dont le carbonate de calcium constitutif agglomère toutes les particules présentes autour du support (sables, graviers, etc.) », explique le responsable. Tant que le courant électrique est maintenu, la concrétion rocheuse se développe, pouvant atteindre une épaisseur de plusieurs dizaines de centimètres après douze à dix-huit mois. « Le Géocorail épouse la forme du support, de sorte qu’il s’adapte aux situations et aux problèmes rencontrés, comme dans le cas, par exemple, du renforcement d’assise de digues et d’enrochements ou de la base de structures (ponts, éoliennes, etc.) », indique Philippe Andréani. In fine, selon ses promoteurs, grâce à Géocorail, la durée de vie des ouvrages est prolongée et les coûts d’entretien réduits.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X