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Un convoyeur en centre-ville pour l’évacuation de terres polluées

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Politique de la ville - Terrassement

Terrassement. Guintoli terrasse une plateforme en proche banlieue parisienne et utilise un convoyeur à bande pour verser les déblais dans une barge.

On connaît la déconstruction sélective, opération par laquelle un bâtiment est démoli avec finesse, et chaque déchet trié sur place. Voici maintenant le terrassement sélectif ! C’est en tout cas l’approche de Guintoli pour réaliser une plateforme à Clichy, aux portes de Paris. Ici, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) compte agrandir l’une de ses usines de traitement. « Il nous faut décaisser 150 000 m3 », résume Arnaud Hou, directeur de travaux chez Guintoli. Le terrassier a d’abord réalisé une étude de sol en forant selon un maillage de 20 x 20 m. « Nous avons identifié trois natures de déblais : des fondations en béton ; des terres polluées non dangereuses ; des terres polluées dangereuses. » Cette identification a été effectuée tous les 1 m de profondeur, si bien que le sous-sol s’est retrouvé cartographié en trois dimensions, par mesures de 400 m3 (20 x 20 x 1 m), un volume qui ne doit rien au hasard, comme le dévoile Arnaud Hou : « Le site jouxte la Seine, ce qui permet une évacuation par voie fluviale. Or une péniche contient 800 m3. Nous savons qu’il faut terrasser deux mesures pour la charger. » Oui mais lesquelles ? « Les fondations en béton sont recyclées sur place, nous ne les évacuons pas. Les terres dangereuses partent vers un site de traitement et les terres non dangereuses vers un site de stockage. » Pour ne pas mélanger ces matériaux, Guintoli effectue ses terrassements à l’aide de deux petits ateliers comprenant chacun une pelle de 25 t et un seul tombereau articulé, en veillant à ce qu’ils terrassent des terres de même nature. Celles-ci sont ensuite versées dans la trémie d’un convoyeur à bande qui part du chantier, passe au-dessus des quais ouverts à la circulation, surplombe la Seine et verse dans une goulotte orientable qui remplit les péniches. Les 40 mètres linéaires qui franchissent la voie publique sont entièrement bardés pour éviter toute chute de matériau sur les véhicules. En amont de cette ligne droite, un convoyeur incliné à forte pente fait monter les matériaux à 10 m de haut. La capacité d’évacuation du tapis est calculée pour remplir une péniche par jour, soit 800 m3 en un poste. Une productivité qui pourrait paraître ridicule à Arnaud Hou, habitué à faire tourner des échelons de scraps. Pourtant, ce travail à la pince à épiler ne lui déplaît pas. « Ce chantier en ville offre une autre approche du métier de terrassier, différente mais tout aussi intéressante que les terrassements de masse. »

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