Architecture Technique Equipement

Un centre animé dedans-dehors

A Paris (XXe), le centre d’animation Ken Saro-Wiwa révèle sa vie intérieure à l’extérieur.

C’est à la nuit tombée que le caractère à la fois extraverti et introverti du centre d’animation Ken Saro-Wiwa, à Paris (XXe), se perçoit le mieux. En fonction des disciplines artistiques et sportives qui s’y pratiquent, les différents plateaux alternent entre des espaces ouverts, tournés vers l’extérieur, et des espaces fermés, tournés vers l’intérieur. « Les niveaux extravertis, consacrés à l’objet, sont totalement vitrés car ils nécessitent un apport important de lumière, expliquent les architectes Aghis Pangalos et Anne Feldmann. Les niveaux introvertis, consacrés au corps, sont entièrement clos car ils nécessitent intimité et protection contre les vis-à-vis. » Le programme se répartit donc ainsi : au sous-sol, la salle de spectacle de 118 places rétractables ; au rez-de-chaussée, l’accueil et l’administration ; au 1er étage, le pôle musique avec un atelier et une terrasse pour le graff ; au 2e étage, le pôle arts plastiques ; et enfin, au 3e étage, le pôle danse. Les circulations, sanitaires et petits locaux techniques s’adossent au mur mitoyen, mettant ainsi à distance des voisins les activités sonores du centre d’animation. Les planchers en béton sont construits en encorbellement sur cette « bande servante », ce qui dégage les façades vitrées de tous points porteurs. Les façades opaques sont emmaillotées dans des panneaux en métal déployé. Ce bardage cinétique apparaît tantôt blanc, tantôt gris, suivant l’angle de vue au carrefour des rues de Buzenval et des Haies.

Fresques éphémères.

Au 1er étage, une terrasse abritée a été creusée entre les salles de répétition de musique et l’atelier d’apprentissage du graff. Sur une idée de l’agence Pangalos-Dugasse-Feldmann, les parois extérieures des salles de musique servent de lieu d’expression autorisé pour les graffeurs, apprentis ou confirmés. Leur surface lisse en béton préfabriqué se prête parfaitement à la réalisation de fresques murales éphémères peintes à la bombe. « Nous avons livré un bâtiment en béton brut que les utilisateurs peuvent s’approprier, un bâtiment dont la peau grise peut être tatouée partout, sur les façades, mais aussi dans les couloirs et les escaliers », souligne Aghis Pangalos. La Ligue de l’enseignement, association qui gère le centre d’animation Ken Saro-Wiwa, ne manque pas d’idées, comme en témoignent les rubans adhésifs colorés disposés dès les premiers jours d’occupation du lieu, et qui changeront au fil de l’art.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris. Maîtrise d’œuvre : Aghis Pangalos et Anne Feldmann, architectes (agence Pangalos-Dugasse-Feldmann). BET : Batiserf Ingénierie (structure), Louis Choulet (fluides et HQE), Bureau Michel Forgue (économie), Cial (acoustique), Scène (scénographie). Entreprise générale : Petit (groupe Vinci). Surface : 1 500 m² Shon. Budget : 4 millions d’euros.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X