Architecture Assainissement

Un bassin hors normes au cœur de la ville

Mots clés : Démarche environnementale - Qualité de l'eau - eau potable - Sécurite civile

L’ouvrage enterré de 23 400 m contribuera à prévenir les inondations par débordement des réseaux.

Des inondations récurrentes insolubles ? Ces problèmes pourraient appartenir au passé dès 2018. A Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), depuis janvier dernier, un énorme bassin de stockage des eaux pluviales est en construction sous le stade Gabriel-Voisin, le long de la rue Charlot. Complètement enterré sous l’équipement sportif – qui sera remis à neuf après les travaux, en septembre 2017 -, l’ouvrage a une profondeur de 25 m et un diamètre intérieur de 40 m pour une capacité de 23 400 m3.

Réalisé sous la maîtrise d’ouvrage du conseil départemental des Hauts-de-Seine, le nouveau bassin, estimé à 31 millions d’euros, contribuera à la prévention des inondations par débordement des réseaux ainsi qu’à la réduction des volumes d’eau déversés dans la Seine pour préserver la qualité du fleuve. Le projet se compose d’un bassin de stockage, de deux déversoirs d’orage, de deux canalisations de liaison – respectivement de 12 m et 161 m de longueur pour 2 m de diamètre – et de locaux techniques (avec systèmes de pompage, de ventilation et de désodorisation, et installations électriques).

170 micropieux de 20 à 30 m. Côté travaux, quatre étapes importantes jalonnent la vie du chantier qui s’achèvera en décembre 2017. « Nous avons d’abord réalisé l’enceinte du bassin, en parois moulées, jusqu’à la profondeur requise de 38 m, ainsi que 12 barrettes qui correspondent aux futurs poteaux du bassin. Ensuite, nous creusons le réservoir-tampon à proprement parler – ce qui représente 45 000 m3 de déblais – parallèlement à la mise en œuvre de poutres longitudinales et transversales en béton qui soutiendront la dalle de couverture. Enfin, nous réalisons les fondations de l’ouvrage à l’aide de 170 micropieux – longs de 20 à 30 m et de 40 cm de diamètre – qui s’ancrent directement dans le radier. En tout, ce sont 11 000 m3 de béton qui seront coulés », décrit David Pascual Castrillo, ingénieur projet pour Razel-Bec, mandataire du groupement d’entreprises chargé du génie civil du bassin.

En phase d’exploitation, le nouvel ouvrage stockera les eaux pluviales pendant toute la durée des précipitations avant de les restituer aux collecteurs lorsque ceux-ci auront retrouvé un régime normal. Les déversoirs d’orage, quant à eux, délesteront les eaux excédentaires des collecteurs et les dirigeront vers le bassin via les deux canalisations de liaison. La construction de ce nouvel équipement s’inscrit dans le triple cadre de la réglementation de la loi sur l’eau, de la gestion des réseaux d’assainissement et de la protection des milieux aquatiques. En 2018, le bassin d’Issy-les-Moulineaux complétera ainsi le patrimoine du département des Hauts-de-Seine, lequel comprend aujourd’hui, au-delà des 625 km de réseau et 38 stations de pompage, quatre collecteurs de stockage de grand diamètre et trois bassins de rétention enterrés. Avec sa capacité de 23 400 m3 , le nouveau bassin d’Issy-les-Moulineaux sera l’un des plus grands d’Ile-de-France.

Maîtrise d’ouvrage : conseil départemental des Hauts-de-Seine.

Maîtrise d’œuvre : Safege, Artélia, Ligne Dau. Groupement d’entreprises (bassin) : Razel-Bec, Sefi-Intrafor, Coteg. Coût : 31 M€.

Calendrier : chantier de début janvier 2016 à fin décembre 2017.

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ENCADRE

Des travaux sans tranchée

Pour acheminer l’eau, par gravité, des déversoirs d’orage jusqu’au bassin de stockage, deux canalisations de liaison, respectivement de 12 et 161 m de long, sont réalisées. Si la première est construite en tranchée ouverte à l’aide d’éléments en béton préfabriqués, la seconde exige l’emploi d’un microtunnelier utilisant la technique du fonçage. L’un des avantages de cette méthode est d’éviter de réaliser une tranchée. Les 54 éléments de canalisation en béton armé sont d’abord introduits dans un puits, depuis lequel ils sont ensuite poussés à l’aide de vérins hydrauliques. Pilotée à distance, depuis la surface, la machine, qui abat le terrain au fur et à mesure de sa progression, suit un rayon de courbure de 300 m. Les opérations durent trois mois.

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