Territoires Lille

Un Ballon d’oxygène pour la métropole

«Euralille ne finira jamais », disait Pierre Mauroy. C’est en ce moment le quartier du Ballon, à la jonction de Saint-Maurice et de La Madeleine, qui fait l’objet d’une concertation. Un îlot bénéficiant d’une situation exceptionnelle, entre la gare TGV, le jardin des Géants et le poumon vert qu’est le cimetière de l’Est : 3 hectares propriété et siège de la Métropole européenne de Lille (MEL), qui n’en occupe, toutefois, que le tiers. Les locaux de l’intercommunalité n’étant plus adaptés à ses besoins, l’idée a germé de déconstruire puis de reconstruire, sur une surface d’environ un demi-hectare, un nouvel immeuble de 50 000 m2, et de développer, à côté, « un quartier dense mêlant toutes les fonctions et par lequel on pourrait passer », selon le souhait de la maire (PS) de Lille Martine Aubry.

« Aucune folie là-dedans, prévient d’entrée Damien Castelain, le président (SE) de la MEL. Ce projet doit pouvoir être réalisé à un coût approchant zéro euro. » La vente du foncier restant est, en effet, évaluée entre 30 et 40 millions d’euros. Dans son calcul, la MEL prend en compte les 2 millions d’euros de loyer annuel qu’elle débourse actuellement pour loger des agents à l’extérieur et les économies d’énergie qu’elle réaliserait dans des murs répondant aux normes environnementales (1 à 2 millions d’euros par an). Ajoutons que la facture d’une rénovation du siège actuel de la MEL pourrait grimper jusqu’à 60 millions d’euros quand sa déconstruction ne devrait coûter que 4 millions.

Le retour des tours.

Une étude a d’ores et déjà été confiée à l’Agence Nicolas Michelin & Associés (ANMA). Une autre le sera prochainement à la SPL Euralille. Quelle forme prendrait ce nouveau siège ? Il est, bien sûr, trop tôt pour s’avancer mais les premières orientations tendent vers une tour, du type de celle qui domine la gare Lille-Europe, la fameuse « botte » de Christian de Portzamparc. On renouerait donc avec l’esprit de Rem Koolhaas, qui, dans le projet initial d’Euralille, multipliait les tours. La MEL a-t-elle intérêt à construire elle-même ou à louer ? Là encore, le modèle économique reste à définir. On sait juste que le chantier, dont le premier coup de pioche pourrait, si tout va bien, être donné en 2019, débuterait par la construction du nouveau siège de la MEL. Parallèlement au transfert des personnels dans leurs nouveaux bureaux, le reste du programme immobilier (30 000 à 35 000 m2) serait engagé (des prospects ont déjà marqué leur intérêt). La déconstruction du siège actuel interviendrait en dernier. Pas de nécessité de créer une zone d’aménagement concerté (ZAC), la MEL étant en possession de la totalité du foncier. « C’est le process le plus rapide et le plus efficace qui sera choisi », précise Damien Castelain.

Concerné au premier chef, le maire (LR) de La Madeleine Sébastien Leprêtre appelle à la vigilance sur deux points : « La forme urbaine, qui devra offrir une double cohérence avec la ville existante et la ville en renouvellement ; et la coproduction du projet, qui implique de dépasser la simple concertation, notamment avec les agents métropolitains. » Et la ville continue !

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